Le label RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) conditionne l'accès à MaPrimeRénov', aux certificats d'économies d'énergie et à l'éco-prêt à taux zéro : si l'entreprise choisie n'est pas RGE Qualibat, QualiPAC ou titulaire d'une qualification équivalente pour le geste facturé, l'aide est refusée. Qualibat qualifie la plupart des corps d'état du bâtiment, QualiPAC (délivré par Qualit'EnR) couvre les pompes à chaleur et les chauffe-eau thermodynamiques. L'Anah le rappelle dans son guide de septembre 2026 : le recours à un professionnel RGE est « obligatoire pour tous les dispositifs quand cette qualification/certification existe pour un type de travaux ». Ce guide vous donne les barèmes en vigueur, les coûts, la procédure du devis au versement et les motifs de refus que Vertena rencontre en montant les dossiers de ses clients.
À retenir :
- Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' par geste finance uniquement les pompes à chaleur air/eau (5 000 € au maximum) et géothermiques (11 000 € au maximum), le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose de cuve à fioul et l'audit associé, selon le guide Anah de septembre 2026.
- La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 limite la sous-traitance à deux rangs depuis le 1er janvier 2026 et exige, au 1er janvier 2027, que l'entreprise qui facture détienne elle-même la mention RGE.
- L'arrêté du 23 juin 2026 réforme la qualification : suspension jusqu'à 24 mois, visite de chantier lors des audits, analyse de la sinistralité sur 4 ans, application complète au 1er mars 2027.
- La DGCCRF a relevé au moins un manquement chez 55 % des 994 établissements de rénovation énergétique contrôlés en 2025, d'après son bilan d'activité 2025.
- L'annuaire France Rénov' (france-renov.gouv.fr) indique, pour chaque entreprise RGE Qualibat, QualiPAC ou Qualifelec, les domaines de travaux couverts par sa qualification et leurs dates de validité.
Label RGE Qualibat, QualiPAC : définition et rôle dans les aides
Le label RGE est une mention attribuée à une entreprise par un organisme agréé par l'État, après vérification de ses compétences en rénovation énergétique. Il a été créé en 2011 dans le prolongement de la loi Grenelle II, et un décret du 3 juillet 2014 a instauré l'éco-conditionnalité des aides : une partie des financements publics n'est versée que si les travaux sont confiés à une entreprise RGE. L'INSEE, dans sa note de conjoncture du 11 septembre 2025, mesure le poids de cette règle : les aides publiques et privées éco-conditionnées sont passées de 3,3 milliards d'euros en 2018 à 5 milliards d'euros en 2023, sur un total de 8,1 milliards d'euros mobilisés pour la rénovation énergétique cette même année.
La mention s'attribue par domaine de travaux : isolation du toit, fenêtres, chauffage et eau chaude, pompe à chaleur, photovoltaïque, audit énergétique. Un couvreur qualifié RGE pour l'isolation des combles ne permet donc pas de financer la pompe à chaleur qu'il proposerait d'installer. Vertena retrouve ce décalage dans une partie des dossiers refusés que ses clients lui soumettent : le devis porte un logo RGE, mais la qualification affichée ne couvre pas le geste facturé. Pour un logo RGE Qualibat, QualiPAC imprimé sur un devis, seul le domaine inscrit à l'annuaire France Rénov' fait foi.
Le lien avec les CEE (certificats d'économies d'énergie) passe par les fiches d'opérations standardisées. Chaque fiche décrit un geste précis, ses exigences techniques et le calcul de la prime versée par les fournisseurs d'énergie. Le guide Anah de septembre 2026 précise que ces travaux doivent être « réalisés par un professionnel RGE pour les opérations pour lesquelles cette qualification existe ». Le catalogue des fiches CEE de l'ADEME détaille les gestes couverts et leurs conditions.
RGE Qualibat, QualiPAC, Qualifelec : qui délivre quoi ?
Cinq organismes délivrent aujourd'hui la mention RGE (Qualibat, QualiPAC via Qualit'EnR, Qualifelec, Certibat, Cerqual), d'après la note de l'INSEE de septembre 2025 : les trois premiers relèvent de la qualification, les deux derniers de la certification. Une qualification atteste qu'une entreprise sait réaliser une prestation donnée ; elle est encadrée par la norme NF X50-091, qui impose à l'organisme d'être indépendant du demandeur et de décider de façon collégiale, selon Qualit'EnR.
| Organisme | Nature | Périmètre principal | Mentions à repérer |
|---|
| Qualibat | Qualification | Corps d'état du bâtiment : isolation, menuiseries, chauffage, ventilation | Qualification Qualibat avec mention RGE |
| Qualit'EnR | Qualification | Énergies renouvelables | QualiPAC, QualiPV, QualiSol, QualiBois, Chauffage+, Ventilation+ |
| Qualifelec | Qualification | Lots électriques de la rénovation énergétique | Qualification Qualifelec avec mention RGE |
| Certibat | Certification | Certification d'entreprises de rénovation | Certification RGE |
| Cerqual | Certification | Certification d'entreprises de rénovation | Certification RGE |
QualiPAC comporte deux modules, selon Qualit'EnR : « Chauffe-eau thermodynamique » (CET) et « Chauffage et eau chaude sanitaire », ce second module couvrant aussi le champ du premier. Pour l'obtenir, l'entreprise désigne un référent technique qui a suivi une formation agréée et obtenu au moins 24/30 au QCM, avec une évaluation pratique validée. Elle signe aussi une charte qualité en 10 points qui encadre l'information du client avant, pendant et après la mise en service.
Le vivier d'entreprises RGE Qualibat, QualiPAC et Qualifelec se réduit. La CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) comptait 55 000 entreprises RGE en avril 2024, avec une baisse de 43,5 % en un an dans l'isolation et de 16 % dans le chauffage. L'INSEE précise que 78,5 % des entreprises labellisées sont des micro-entreprises et 19,5 % des PME, pour un chiffre d'affaires cumulé de 66 milliards d'euros. Pour un ménage, cette contraction allonge le délai d'obtention d'un devis conforme et renforce l'intérêt de vérifier chaque qualification avant de signer.
Du décret de 2014 à l'arrêté du 23 juin 2026 : le calendrier réglementaire
Les règles qui entourent les qualifications RGE Qualibat, QualiPAC ont été durcies trois fois en six ans, d'abord contre le démarchage, puis contre la fraude aux aides, enfin sur la qualification elle-même. Voici les dates qui s'appliquent à votre projet :
- 2011 : création du label RGE, dans le prolongement de la loi Grenelle II.
- 3 juillet 2014 : décret instaurant l'éco-conditionnalité des aides.
- 24 juillet 2020 : la loi n° 2020-901 interdit le démarchage téléphonique pour les travaux de rénovation énergétique ; tout contrat conclu à la suite d'un appel illicite est nul.
- 1er juillet 2025 : toute publicité pour des travaux de rénovation énergétique mentionne le service public France Rénov' (article L.122-26 du Code de la consommation).
- 1er janvier 2026 : la sous-traitance est limitée à deux rangs sur les chantiers aidés.
- 23 juin 2026 : arrêté réformant la qualification RGE, publié au Journal officiel le 26 juin 2026.
- 1er septembre 2026 : MaPrimeRénov' par geste recentrée sur les pompes à chaleur.
- 1er janvier 2027 : l'entreprise principale qui facture doit être RGE, même si elle sous-traite à des entreprises RGE.
- 1er mars 2027 : application complète de la réforme de la qualification.
Ce que la loi du 30 juin 2025 change pour un chantier RGE Qualibat, QualiPAC
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques protège le ménage à trois moments. Avant le contrat, l'entreprise indique de manière lisible si elle détient le label RGE pour chaque catégorie de travaux (article L.224-114 du Code de la consommation) ; à défaut, le contrat est nul et l'entreprise encourt une amende de 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale, selon l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Lorsqu'elle sous-traite, elle communique l'identité de chaque sous-traitant et précise s'il détient la qualification requise (article L.224-115). En cas de pratique trompeuse ou agressive, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) suspend le label pour 6 mois, renouvelables une fois, et interdit à l'entreprise dont le label a été retiré d'en redemander un pendant 5 ans au maximum.
La même loi étend l'interdiction du démarchage en rénovation énergétique aux SMS, aux courriels et aux réseaux sociaux, avec des amendes portées à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, d'après la synthèse de l'ANIL du 3 juillet 2025. Le hub consacré à la loi du 24 juillet 2020 sur le démarchage détaille vos recours.
L'arrêté du 23 juin 2026 et le contrôle des qualifications RGE Qualibat, QualiPAC
L'arrêté du 23 juin 2026 modifie le texte de 2015 qui fixe les critères de qualification RGE. Pour une entreprise RGE Qualibat, QualiPAC, les audits combinent désormais un examen documentaire et une visite de chantier, l'organisme analyse la sinistralité de l'entreprise sur les quatre dernières années à partir du relevé de son assureur, et les contrôles sont étendus pour les entreprises qui réalisent plus de 10 chantiers par an. L'échelle de sanctions distingue la suspension, jusqu'à 24 mois, du retrait de la qualification après deux contrôles révélant des non-conformités majeures, selon le détail publié par Selectra le 26 juin 2026. Une voie d'accès par validation des acquis de l'expérience ouvre la qualification après trois chantiers audités conformes, et les entreprises réalisant moins de 10 chantiers par an ne sont plus auditées qu'une fois tous les quatre ans par famille de travaux, d'après Batiweb (29 juin 2026). Le dispositif d'attestation chantier par chantier, qui permet à une entreprise non qualifiée de réaliser un chantier aidé sous réserve d'audit, est maintenu.
Barèmes 2026 : quelles aides exigent un artisan RGE ?
Chaque aide présentée ici suppose un devis signé par une entreprise RGE Qualibat, QualiPAC ou équivalente pour le geste concerné. MaPrimeRénov' dispose en 2026 d'un budget de 3,6 milliards d'euros, destiné à financer au moins 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 rénovations par geste, selon l'Anah (Agence nationale de l'habitat). Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a déclaré dans le guide Anah de février 2026 : « Le budget 2026 confirme l'importance de la rénovation de l'habitat, avec 3,6 milliards d'euros pour MaPrimeRénov'. […] La priorité doit désormais être la stabilité des aides et la qualité des projets financés. »
MaPrimeRénov' par geste depuis le 1er septembre 2026
Le guide des aides financières de l'Anah, édition septembre 2026 indique qu'à partir du 1er septembre 2026, « seule l'installation d'un mode de chauffage décarboné (n'utilisant ni fioul ni gaz) est financée » dans le parcours par geste. L'isolation, la ventilation, les poêles à bois et le solaire thermique en sortent ; les CEE continuent de financer certains de ces travaux réalisés isolément. Les montants forfaitaires, inchangés depuis le 1er janvier 2026, sont les suivants :
| Geste (professionnel RGE obligatoire) | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Plafond de dépense éligible |
|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € | 12 000 € |
| PAC géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € | 18 000 € |
| Raccordement à un réseau de chaleur | 1 200 € | 800 € | 400 € | 1 800 € |
| Dépose de cuve à fioul | 1 200 € | 800 € | 400 € | 4 000 € |
| Audit énergétique, avec un geste | 500 € | 400 € | 300 € | 800 € |
Les ménages aux revenus supérieurs ne sont pas éligibles au parcours par geste. Le cumul MaPrimeRénov' et CEE est plafonné à 90 % de la dépense éligible pour les ménages très modestes, 75 % pour les modestes et 60 % pour les intermédiaires ; avec les aides locales, le plafond monte à 100 %. Pour un foyer de 4 personnes hors Île-de-France, les plafonds de revenu fiscal de référence au 1er janvier 2026 s'établissent à 35 676 € (très modestes), 45 735 € (modestes) et 64 550 € (intermédiaires) ; en Île-de-France, à 49 455 €, 60 208 € et 84 562 €. Les ménages très modestes obtiennent une avance allant jusqu'à 50 % de la prime.
Rénovation d'ampleur et copropriété
La rénovation d'ampleur finance un bouquet d'au moins deux gestes d'isolation permettant un gain de deux classes du DPE (diagnostic de performance énergétique), dans un logement classé E, F ou G construit depuis au moins 15 ans. Le plafond de dépenses atteint 30 000 € HT pour un gain de deux classes et 40 000 € HT pour trois classes ou plus ; l'Anah finance 80 % du montant HT pour les très modestes, 60 % pour les modestes, 45 % pour les intermédiaires et 10 % pour les revenus supérieurs. Mon Accompagnateur Rénov' est obligatoire : sa prestation, plafonnée à 2 000 € TTC, est prise en charge à 100 %, 80 %, 40 % ou 20 % selon les revenus. Un rendez-vous avec un conseiller France Rénov' précède le dépôt. Depuis le 1er septembre 2026, un projet en maison individuelle qui conserve ou remplace une chaudière au gaz n'est plus aidé, et ce parcours ne se cumule pas avec les CEE.
En copropriété, MaPrimeRénov' Copropriété finance 30 % des travaux pour un gain énergétique d'au moins 35 %, et 45 % pour un gain d'au moins 50 %, dans la limite de 25 000 € par logement. Un bonus de 10 points s'ajoute en cas de sortie de passoire énergétique, et de 20 points pour les copropriétés fragiles, d'après l'Anah. Au moins 75 % des lots doivent être des résidences principales (65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins).
CEE, éco-PTZ et TVA à 5,5 %
Les CEE exigent un professionnel RGE dès que la qualification existe pour le geste. Le ménage doit retenir l'offre d'un fournisseur d'énergie avant de signer le devis ; s'il a déjà signé, il dispose de 14 jours pour régulariser, au-delà il perd le bénéfice de la prime, selon le guide Anah. Le Coup de pouce chauffage, bonification des CEE, soutient le remplacement d'une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz. Le détail des règles de cumul figure dans notre fiche sur le cumul MaPrimeRénov' et CEE pour une pompe à chaleur.
L'éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro) finance le reste à charge sans condition de ressources, auprès d'une banque conventionnée et avec un artisan RGE : 15 000 € pour une action seule (7 000 € pour les seules parois vitrées), 25 000 € pour deux actions, 30 000 € pour trois actions et 50 000 € pour une performance énergétique globale, sur 15 ans, ou 20 ans pour la performance globale et l'éco-PTZ MaPrimeRénov'. Après notification de MaPrimeRénov', le ménage dispose de 6 mois pour débloquer ce prêt.
La TVA à 5,5 % s'applique aux travaux d'amélioration énergétique d'un logement achevé depuis plus de deux ans, sur attestation du client. Le guide Anah ne la subordonne pas à la qualification RGE de l'entreprise. Depuis le 1er septembre 2026, elle couvre aussi les pompes à chaleur air-air, alors que les chaudières fossiles restent taxées à 20 %.
Combien coûtent les travaux réalisés par un artisan RGE ?
Une pompe à chaleur air/eau posée coûte entre 7 500 € et 16 000 €, selon les données d'Engie et d'EDF reprises par le ministère de l'Économie le 20 mai 2026. La même source situe une PAC air/air autour de 4 500 € et une PAC géothermique jusqu'à 25 000 €, contre 2 000 à 4 000 € hors pose pour une chaudière gaz à condensation. Le compte du logement 2024 publié par le SDES (service statistique du ministère de la Transition écologique) situe la dépense totale de logement des Français à 618,9 milliards d'euros en 2024, en hausse de 1,6 % sur un an.
L'écart de prix se rattrape sur la facture. Une étude de l'ADEME publiée en octobre 2025 sur une centaine de pompes à chaleur en maison individuelle mesure un SCOP (coefficient de performance saisonnier, soit les kWh de chaleur produits pour 1 kWh consommé sur l'année) de 2,9 en conditions réelles pour les modèles air/eau. D'après le ministère de l'Économie, ce niveau divise en moyenne par deux la facture de chauffage par rapport au gaz, et le temps de retour sur investissement passe de huit ans à deux ans une fois les aides déduites. Le réglage de la loi d'eau et le dimensionnement des émetteurs conditionnent ce résultat, ce qui fait de la qualification RGE Qualibat, QualiPAC de l'installateur un critère de performance autant que d'éligibilité.
| Profil de revenus | Aide maximale cumulée MaPrimeRénov' et CEE | Reste à charge minimal sur une PAC air/eau à 12 000 € |
|---|
| Très modestes | 90 % de la dépense éligible, soit 10 800 € | 1 200 €, soit 10 % |
| Modestes | 75 %, soit 9 000 € | 3 000 €, soit 25 % |
| Intermédiaires | 60 %, soit 7 200 € | 4 800 €, soit 40 % |
Ce tableau applique les taux d'écrêtement de l'Anah au plafond de dépense éligible de 12 000 € ; le reste à charge réel dépend du prix du devis et de la prime CEE obtenue. Pour l'isolation, les plafonds de dépense retenus par l'Anah jusqu'au 31 août 2026 donnent un ordre de grandeur : 75 €/m² pour les rampants et plafonds de combles, 180 €/m² pour les toitures-terrasses. Pour comparer des devis, consultez notre fiche sur le prix d'une pompe à chaleur pose comprise.

Trois cas chiffrés de cumul d'aides par profil
Les trois scénarios suivants supposent un installateur RGE Qualibat, QualiPAC qualifié pour le geste et appliquent les barèmes Anah de septembre 2026. Les montants CEE sont des hypothèses, chaque fournisseur d'énergie fixant sa propre prime.
Cas 1, une maison de 95 m² chauffée au fioul près de Limoges, couple aux revenus très modestes. Revenu fiscal de référence de 24 000 € pour 2 personnes, sous le plafond de 25 393 € hors Île-de-France. Remplacement de la chaudière par une PAC air/eau facturée 13 000 € TTC par un installateur RGE. MaPrimeRénov' verse 5 000 €, la prime CEE retenue atteint 4 000 € ; le total de 9 000 € reste sous l'écrêtement de 10 800 € (90 % de 12 000 €). Reste à charge : 4 000 €, finançable par un éco-PTZ de 15 000 € au plus sur 15 ans, soit environ 22 € par mois. Le ménage a droit à une avance allant jusqu'à 2 500 € avant travaux.
Cas 2, une maison de 140 m² près de Nantes, famille de 4 personnes aux revenus intermédiaires. Revenu fiscal de référence de 60 000 €, entre 45 735 € et 64 550 €. Installation d'une PAC géothermique à 22 000 € TTC. La dépense éligible est plafonnée à 18 000 € ; MaPrimeRénov' verse 6 000 € et la prime CEE retenue atteint 3 000 €, soit 9 000 € sous l'écrêtement de 10 800 € (60 % de 18 000 €). Reste à charge : 13 000 €.
Cas 3, une maison classée F mise en location près de Toulouse, propriétaire bailleur aux revenus modestes. Rénovation d'ampleur à 50 000 € HT (isolation des combles et des murs, PAC air/eau) visant un gain de trois classes. Le plafond de 40 000 € HT au taux de 60 % donne 24 000 € ; Mon Accompagnateur Rénov' coûte 2 000 € TTC, dont 1 600 € pris en charge. Avec une TVA à 5,5 %, les travaux atteignent 52 750 € TTC ; le reste à charge s'établit à 29 150 €, soit 121 € par mois sur 20 ans avec un éco-PTZ performance globale. Le bailleur s'engage à louer le logement en résidence principale.
Vérifier un artisan RGE Qualibat, QualiPAC et monter son dossier en sept étapes
La vérification de la qualification se fait avant la signature, et le dépôt de la demande d'aide avant le premier coup de pioche. Cette méthode suit l'ordre des pièces que l'Anah et les fournisseurs d'énergie contrôlent :
- Simulation. Situez votre catégorie de revenus à partir du revenu fiscal de référence de votre dernier avis d'imposition, puis estimez vos aides avec le simulateur gratuit de France Rénov'.
- Qualification. Recherchez l'entreprise RGE Qualibat, QualiPAC dans l'annuaire France Rénov' et vérifiez que le domaine couvert correspond au geste du devis et que la période de validité englobe la date du devis et celle des travaux.
- Visite préalable. Exigez la visite technique du logement : l'Anah impose que sa date figure sur le devis et sur la facture.
- Mentions du devis. Contrôlez la mention RGE par catégorie de travaux, l'identité des sous-traitants et leur qualification, conformément aux articles L.224-114 et L.224-115 du Code de la consommation.
- Prime CEE. Retenez l'offre d'un fournisseur d'énergie avant de signer le devis, ou au plus tard dans les 14 jours qui suivent.
- Demande MaPrimeRénov'. Créez vous-même votre compte sur france-renov.gouv.fr (plateforme unique depuis le 17 août 2026), vérifiez votre identité par FranceConnect+ ou par un code reçu par courrier, puis déposez le dossier avant de commencer les travaux.
- Versement. Après les travaux, déposez les factures en ligne et demandez le paiement de la prime.
Les délais d'instruction publiés par l'Anah donnent un calendrier réaliste. Selon son communiqué du 12 mai 2025, l'engagement d'un dossier par geste prenait en moyenne 63 jours avant travaux, et le paiement 49 jours après dépôt des factures ; pour une rénovation d'ampleur, ces délais atteignaient 105 jours à l'engagement et 35 jours au paiement. L'Anah attribuait cet allongement à « une forte dynamique de dépôt des dossiers de rénovations d'ampleur », à « un renforcement des contrôles à tous niveaux pour lutter contre les tentatives de fraude » et à « l'adoption tardive du PLF2025, qui a généré un stock de dossiers ». L'agence précise que les dossiers placés sous contrôle anti-fraude subissent des délais nettement plus longs. Pour une PAC air/eau, comptez donc près de quatre mois entre le dépôt de la demande et le versement, auxquels s'ajoutent le délai de visite et la durée de pose. Une exception existe : en cas de panne de chauffage entre le 1er octobre et le 30 avril, les travaux démarrent avant le dépôt, qui doit intervenir dans les 2 mois suivant l'installation. Ce calendrier conditionne aussi le déblocage de l'éco-PTZ, possible dans les 6 mois suivant la notification.
Éligibilité par profil : propriétaire, bailleur, SCI, copropriété
MaPrimeRénov' par geste s'adresse aux propriétaires occupants, aux propriétaires bailleurs, aux usufruitiers et aux indivisaires munis de l'accord de tous les co-indivisaires. Le logement est une résidence principale occupée au moins 8 mois par an et construit depuis au moins 15 ans en métropole, sauf remplacement d'une chaudière au fioul. Les nus-propriétaires et les personnes morales sont exclus, selon l'Anah.
- Propriétaire occupant : éligible aux trois parcours selon ses revenus ; le logement reste sa résidence principale pendant au moins 3 ans après une rénovation d'ampleur.
- Propriétaire bailleur : s'engage à louer en résidence principale pendant au moins 6 ans, dans un délai d'un an après la demande de solde ; chaque année non louée entraîne le remboursement d'un sixième de l'aide.
- SCI familiale : l'associé qui occupe le logement détenu par la SCI est assimilé à un propriétaire occupant s'il produit un commodat (contrat de prêt à usage) ; une SCI qui loue relève des personnes morales et se tourne vers les CEE.
- Copropriété : le syndicat des copropriétaires dépose la demande MaPrimeRénov' Copropriété avec une assistance à maîtrise d'ouvrage obligatoire et une immatriculation à jour au registre.
Les pièces du dossier comprennent l'état civil et la date de naissance des membres du foyer, le ou les avis d'imposition, le devis signé d'un professionnel RGE Qualibat, QualiPAC ou équivalent mentionnant la date de visite, le montant des autres aides demandées, et selon le cas l'attestation d'indivision, le compromis de vente ou le commodat. Les bailleurs trouveront le détail de leurs obligations dans notre pilier sur les droits du locataire et les obligations du bailleur.
Pièges et motifs de refus fréquents observés par Vertena
Les motifs de refus ci-dessous, que Vertena contrôle sur chaque dossier avant dépôt, tiennent à la chronologie ou à la qualification, deux points vérifiables avant la signature. La DGCCRF confirme l'ampleur du problème : elle a contrôlé 797 établissements de rénovation énergétique en 2023, 984 en 2024 et 994 en 2025, avec un taux d'anomalie passé de 50 % à 52 % puis 55 %, et 124 procédures pénales transmises au parquet en 2025, d'après les chiffres relayés par MonImmeuble le 16 juin 2026.
- Qualification hors périmètre : le label RGE Qualibat, QualiPAC affiché couvre un autre domaine que le geste facturé.
- Qualification expirée : la période de validité de la mention RGE Qualibat, QualiPAC ne couvre pas la date du devis ou des travaux.
- Travaux commencés trop tôt : le chantier a démarré avant le dépôt de la demande MaPrimeRénov', hors dérogation pour panne hivernale.
- Prime CEE engagée trop tard : l'offre du fournisseur a été acceptée plus de 14 jours après la signature du devis.
- Visite préalable absente : sa date manque sur le devis ou sur la facture.
- Sous-traitance non conforme : un sous-traitant sans qualification, ou une chaîne de plus de deux rangs depuis le 1er janvier 2026.
- Compte créé par un tiers : l'Anah exige que le demandeur crée lui-même son compte, le mandataire intervenant ensuite.
Le démarchage reste le premier signal d'alerte. La loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 rend nul tout contrat conclu à la suite d'un appel illicite pour des travaux de rénovation énergétique. Si votre dossier a déjà été rejeté, notre pilier sur les refus de dossiers MaPrimeRénov' et les recours détaille les voies de contestation, et celui sur les arnaques en rénovation énergétique signalées par la DGCCRF aide à reconnaître les montages frauduleux.
FAQ : label RGE Qualibat, QualiPAC
Un artisan RGE est-il exigé pour bénéficier de la TVA à 5,5 % ?
Le guide Anah de septembre 2026 ne subordonne pas la TVA à 5,5 % à la qualification RGE de l'entreprise. Le taux réduit s'applique aux travaux d'amélioration énergétique d'un logement achevé depuis plus de deux ans, sur attestation du client qui engage sa responsabilité. MaPrimeRénov', les CEE et l'éco-PTZ exigent en revanche un professionnel RGE pour chaque geste où la qualification existe. Choisir une entreprise non qualifiée vous prive donc de l'essentiel des aides, même si la TVA réduite reste applicable.
Comment vérifier qu'une qualification RGE Qualibat, QualiPAC est valide ?
L'annuaire France Rénov' affiche pour chaque entreprise ses domaines de travaux et leurs dates de validité ; Qualibat et Qualit'EnR publient aussi leurs annuaires. Comparez le domaine au geste du devis, puis la période de validité aux dates du devis et des travaux. Depuis la loi du 30 juin 2025, l'entreprise doit indiquer par écrit, avant le contrat, si elle détient le label pour chaque catégorie de travaux (article L.224-114 du Code de la consommation), sous peine de nullité.
Un sous-traitant non qualifié peut-il poser ma pompe à chaleur ?
Non. Le guide Anah précise que le sous-traitant « doit nécessairement détenir la qualification RGE appropriée ». Depuis le 1er janvier 2026, la loi n° 2025-594 limite la sous-traitance à deux rangs sur les chantiers aidés, et au 1er janvier 2027, l'entreprise qui facture devra elle-même être RGE. Avant la signature, l'entreprise principale vous communique l'identité de chaque sous-traitant et sa qualification (article L.224-115 du Code de la consommation).
Quel délai entre la demande MaPrimeRénov' et le versement ?
Selon l'Anah (communiqué du 12 mai 2025), un dossier par geste était engagé en 63 jours en moyenne, puis payé 49 jours après le dépôt des factures ; pour une rénovation d'ampleur, ces délais atteignaient 105 et 35 jours. Les dossiers soumis à un contrôle anti-fraude prennent plus de temps. Les ménages très modestes obtiennent une avance allant jusqu'à 50 % de la prime par geste, ce qui réduit la trésorerie à mobiliser pendant l'instruction.
Qualibat ou QualiPAC : quelle qualification exiger pour une pompe à chaleur ?
Exigez la qualification dont le domaine couvre la pompe à chaleur dans l'annuaire France Rénov'. QualiPAC, délivrée par Qualit'EnR, est dédiée aux pompes à chaleur et aux chauffe-eau thermodynamiques, avec un module « Chauffage et eau chaude sanitaire » pour les PAC de chauffage. Le nom de l'organisme compte moins que la correspondance entre le domaine qualifié, le geste facturé et les dates. Vertena, qualifiée RGE Qualibat et titulaire du label NF PAC, tient ces justificatifs à votre disposition avec le devis.
Que faire après un démarchage téléphonique pour des travaux de rénovation ?
Refusez tout engagement. La loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 interdit le démarchage téléphonique pour la rénovation énergétique, et le Code de la consommation déclare nul le contrat conclu à la suite d'un tel appel. La loi du 30 juin 2025 a étendu cette interdiction aux SMS, courriels et réseaux sociaux, avec des amendes jusqu'à 375 000 € pour une société. Signalez l'appel sur SignalConso et contactez un conseiller France Rénov', service public gratuit.
Comment Vertena accompagne votre projet de rénovation énergétique
Vertena est un artisan qui exécute ses chantiers en propre, qualifié RGE Qualibat, titulaire du label NF PAC et couvert par une garantie décennale, en activité depuis 2019.
Diagnostic et devis : un devis sous 48 heures et une visite technique sous 7 jours, dont la date figure sur le devis et sur la facture comme l'exige l'Anah.
Pose en propre : une pose en 1 à 3 jours après la visite, par des équipes qui ont installé 218 pompes à chaleur sur un mois récent et ouvrent 47 chantiers par semaine dans 12 régions.
Dossier d'aides : une prise en charge complète du dossier MaPrimeRénov' et CEE, avec contrôle des pièces avant dépôt et suivi des délais d'instruction jusqu'au versement.
Pour chiffrer votre projet, commencez par estimer votre reste à charge selon votre profil, puis demandez un devis détaillé. Le service public France Rénov' (france-renov.gouv.fr) propose en parallèle un conseil neutre et gratuit.
Conclusion
Le label RGE (Qualibat, QualiPAC, Qualifelec et les autres mentions) conditionne en 2026 la quasi-totalité des aides à la rénovation énergétique, et la loi du 30 juin 2025 puis l'arrêté du 23 juin 2026 en ont durci les contrôles. Avant de signer, vérifiez trois éléments : le domaine de qualification, sa période de validité et la chronologie entre devis, prime CEE et demande MaPrimeRénov'. Le panorama réglementation, droits et vigilance complète ce guide sur les autres obligations de votre projet.
Pour une pompe à chaleur, un installateur RGE Qualibat, QualiPAC dont le domaine couvre le geste facturé reste la condition d'accès aux 5 000 à 11 000 € de MaPrimeRénov' par geste prévus pour les ménages très modestes.
À lire également :
Sources :
- Les aides financières en 2026, édition septembre 2026 : Anah, 2026
- Les aides financières en 2026, édition février 2026 : Anah, 2026
- Délais de paiement MaPrimeRénov' : Anah, 2025
- Les entreprises labellisées RGE ne diffèrent pas nettement des autres : INSEE, Note de conjoncture, 2025
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques : Légifrance, 2025
- Loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 visant à encadrer le démarchage téléphonique : Légifrance, 2020
- Loi du 30 juin 2025 : fraudes aux aides, contrôle renforcé, démarchage encadré : ANIL, 2025
- La chute du nombre d'entreprises RGE confirmée : CAPEB, 2024
- La qualification RGE QualiPAC : Qualit'EnR, 2026
- L'installation d'une pompe à chaleur coûte-t-elle plus cher qu'une chaudière à gaz ? : ministère de l'Économie, 2026
- Rapport du compte du logement 2024 : SDES, 2025
- Réforme RGE 2026 : contrôles renforcés, sanctions : Selectra, 2026
- Réforme du label RGE et VAE des artisans : Batiweb, 2026
- Fraude à la rénovation énergétique : la DGCCRF intensifie ses contrôles : MonImmeuble, 2026