Au 1er janvier 2027, chaque kilowattheure d'électricité consommé dans votre logement comptera pour 1,7 kWh d'énergie primaire dans le calcul du DPE (diagnostic de performance énergétique), contre 1,9 depuis janvier 2026 et 2,3 auparavant. Les diagnostiqueurs appellent cette valeur le « coefficient électricité DPE ». Le ministère de la Transition écologique a publié l'arrêté correspondant à la fin du mois d'août 2026. Selon l'étude d'impact présentée au Conseil supérieur de l'énergie, environ 300 000 résidences principales quitteront ainsi le statut de passoire thermique sans aucun chantier. La consommation réelle de ces logements, et donc leur facture, reste identique. Cet article explique comment le nouveau coefficient électricité DPE modifie votre étiquette, comment obtenir gratuitement l'attestation officielle et pourquoi le remplacement d'une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur fait désormais gagner davantage de classes.
À retenir :
- Le coefficient de conversion de l'électricité passe de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027 (arrêté du 19 août 2026), après une première baisse de 2,3 à 1,9 en janvier 2026 ; le gaz, le fioul et le bois restent comptés à 1.
- Selon la FAQ du ministère de la Transition écologique mise à jour le 26 août 2026, environ 300 000 résidences principales, principalement chauffées à l'électricité, sortiront des classes F et G.
- Les DPE réalisés avant 2027 restent valables 10 ans ; une attestation gratuite de nouvelle étiquette sera téléchargeable sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME avec le seul numéro du rapport.
- Aucune étiquette ne se dégrade. La consommation réelle et la facture restent identiques tant que ni l'équipement ni l'isolation ne changent.
- Dans notre exemple chiffré, une maison de 100 m² chauffée au fioul et classée F passe en D avec une pompe à chaleur sous le coefficient 1,9, puis en C sous le coefficient 1,7.
DPE 2027 : l'arrêté du 19 août 2026 en quatre dates
Le gouvernement a abaissé deux fois en douze mois le poids de l'électricité dans le DPE. Le premier arrêté, daté du 13 août 2025, a fait passer le coefficient de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026, soit la valeur par défaut retenue par la directive européenne 2023/1791 relative à l'efficacité énergétique. Le second, l'arrêté du 19 août 2026, descend à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Il découle du plan « Électrification des usages » présenté par le gouvernement le 23 avril 2026, dont l'objectif affiché est d'accélérer la sortie des énergies fossiles dans le logement.
Le communiqué du ministère de la Transition écologique du 31 août 2026 fixe deux objectifs. Le premier vise à améliorer l'étiquette des logements chauffés à l'électricité. Le second est formulé ainsi : « cette mesure permettra un gain d'étiquettes du DPE plus important lors du remplacement d'une chaudière consommant des énergies fossiles importées par une pompe à chaleur ». Le texte s'applique aux DPE comme aux audits énergétiques réglementaires.
| Période | Coefficient de l'électricité | 1 kWh électrique livré compte pour | Texte de référence |
|---|
| Jusqu'en 2021 | 2,58 | 2,58 kWh d'énergie primaire | Ancienne méthode du DPE |
| De 2021 à fin 2025 | 2,3 | 2,3 kWh d'énergie primaire | Arrêté du 31 mars 2021 (méthode 3CL-DPE 2021) |
| Année 2026 | 1,9 | 1,9 kWh d'énergie primaire | Arrêté du 13 août 2025 |
| À partir de 2027 | 1,7 | 1,7 kWh d'énergie primaire | Arrêté du 19 août 2026 |
Le gaz, le fioul et le bois gardent un coefficient de 1 sur toute la période, rappelle la FAQ publiée par le ministère sur son site RT-RE Bâtiment. La France a appliqué en 2026 la valeur européenne de 1,9. À partir de 2027, elle retient une valeur nationale plus basse, que la directive autorise en fonction de « circonstances nationales justifiées », selon l'analyse publiée le 4 septembre 2026 par la Sfen (Société française d'énergie nucléaire).
Pour vous, la chronologie tient en trois lignes : un DPE édité en 2025 utilise 2,3 ; un DPE édité en 2026 utilise 1,9 ; un DPE édité dès janvier 2027 intègre automatiquement 1,7. Le coefficient électricité DPE appliqué dépend de la date d'édition du rapport. La date de la vente ou de la signature du bail ne modifie rien au calcul.
Coefficient électricité DPE : comment le calcul fabrique votre étiquette
Le DPE classe un logement de A à G à partir de deux étiquettes. L'étiquette énergie mesure la consommation conventionnelle en énergie primaire, c'est-à-dire l'énergie disponible dans la nature avant transformation (uranium, gaz, vent, soleil, bois). L'étiquette climat mesure les émissions de gaz à effet de serre par mètre carré. Selon la FAQ du ministère, le classement final retient la plus mauvaise des deux. Le coefficient électricité DPE agit uniquement sur l'étiquette énergie ; l'étiquette climat ne bouge pas.
L'énergie finale est celle qui arrive chez vous et que vous payez : les kilowattheures de votre facture d'électricité, les litres de fioul livrés, les mètres cubes de gaz. Pour convertir l'énergie finale en énergie primaire, la méthode multiplie chaque kilowattheure électrique par le coefficient, alors que le gaz, le fioul et le bois sont comptés à 1. Ce coefficient traduit les pertes des centrales et du réseau. Pour vous livrer 1 kWh, la convention considère qu'il a fallu mobiliser 1,9 kWh d'énergie primaire en 2026, puis 1,7 kWh à partir de 2027.
La méthode évalue la consommation sur cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage et auxiliaires (ventilateurs, circulateurs, pompes de circulation). Tous les logements consomment de l'électricité au moins pour l'éclairage et les auxiliaires. Tous voient donc leur consommation d'énergie primaire baisser mécaniquement avec la réforme. L'effet reste faible dans une maison chauffée au gaz. Il devient déterminant dans une maison où le chauffage et l'eau chaude fonctionnent à l'électricité.
L'exemple officiel de la FAQ ministérielle est simple. Un logement 100 % électrique qui consomme 100 kWh d'énergie finale par mètre carré et par an affichait 190 kWh d'énergie primaire en 2026 ; il affichera 170 kWh en 2027. La Sfen chiffre cette baisse à 10,5 % de l'énergie primaire retenue pour tous les usages électriques. Pour une maison de 100 m² qui consomme 10 000 kWh d'électricité par an, le DPE comptait 23 000 kWh d'énergie primaire en 2025, 19 000 kWh en 2026, et en comptera 17 000 en 2027. La facture de ces trois années reste calculée sur les mêmes 10 000 kWh.
Les seuils des sept classes du DPE
Un logement change de classe uniquement lorsque la baisse d'énergie primaire lui fait franchir un seuil. Les seuils fixés par la méthode du DPE de 2021 sont les suivants pour un logement de plus de 40 m² (les surfaces inférieures bénéficient de seuils adaptés depuis juillet 2024).
| Classe | Énergie primaire (kWh/m²/an) | Émissions (kg CO2/m²/an) |
|---|
| A | 70 au plus | 6 au plus |
| B | 71 à 110 | 7 à 11 |
| C | 111 à 180 | 12 à 30 |
| D | 181 à 250 | 31 à 50 |
| E | 251 à 330 | 51 à 70 |
| F | 331 à 420 | 71 à 100 |
| G | plus de 420 | plus de 100 |
Selon la FAQ ministérielle, l'étiquette énergie s'améliore d'une classe, et dans de rares cas de deux classes pour les petits logements. Le gain n'a rien d'automatique : quand l'étiquette climat est la plus défavorable, elle continue de fixer la classe finale. Un logement situé à 350 kWh/m² passe sous le seuil de 330 kWh/m² ; un logement situé à 400 kWh/m² reste en F.
Passoire thermique et électricité : combien de logements changent de classe ?
Une passoire thermique (ou passoire énergétique) désigne un logement classé F ou G au DPE. Au 1er janvier 2025, l'ONRE (Observatoire national de la rénovation énergétique) en recensait 5,4 millions, soit 14,4 % du parc, dont 3,9 millions de résidences principales (12,7 % d'entre elles), selon les chiffres repris par Effy le 29 septembre 2026. Ces volumes ont été calculés avant toute baisse du coefficient électricité DPE.
La réforme de 2026 a produit un premier effet massif. Le gouvernement estimait à 850 000 le nombre de résidences principales classées F ou G, principalement chauffées à l'électricité, concernées par le passage de 2,3 à 1,9. L'ONRE évalue les sorties effectives à environ 700 000 logements, selon la synthèse publiée par Effy. La FAQ ministérielle mise à jour en août 2026 retient une base de 3,2 millions de passoires parmi les résidences principales, un chiffre cohérent avec les 3,9 millions initiaux diminués des sorties dues à la réforme de 2026.
| Étape | Coefficient | Résidences principales sorties des classes F et G | Source |
|---|
| Réforme de janvier 2026 | de 2,3 à 1,9 | environ 700 000 (850 000 annoncées par le gouvernement) | ONRE et gouvernement, repris par Effy (septembre 2026) |
| Réforme de janvier 2027 | de 1,9 à 1,7 | environ 300 000, dont 200 000 en F et 100 000 en G | Étude d'impact au Conseil supérieur de l'énergie, FAQ ministérielle |
| Cumul des deux réformes | de 2,3 à 1,7 | entre 1 et 1,15 million | Estimation Effy, septembre 2026 |
La réforme de 2027 ajoute environ 300 000 sorties, soit une baisse d'environ 10 % des résidences principales classées F ou G. Effy en déduit qu'il resterait entre 2,75 et 2,9 millions de passoires parmi les résidences principales en 2027, hors logements rénovés entre-temps. Selon Que Choisir Ensemble, 125 000 des 300 000 logements concernés sont occupés par des locataires ; ils s'ajoutent aux 275 000 logements loués déjà sortis du statut de passoire le 1er janvier 2026.
Ces sorties relèvent de la comptabilité. Aucun de ces logements n'a changé d'isolation ou de chauffage. Le prochain rapport de l'ONRE, attendu d'ici la fin de l'année 2026 selon Effy, mesurera l'effet réel de la réforme de 2026 sur le parc. Si vous occupez ou louez un logement tout électrique classé F ou G, vérifiez dès maintenant la position de votre consommation par rapport aux seuils du tableau précédent : c'est elle qui décide de votre changement de classe.
Attestation nouvelle étiquette DPE : la marche à suivre
Vous n'avez pas à refaire votre diagnostic. La FAQ du ministère sur la modification du facteur de conversion, mise à jour le 26 août 2026, prévoit une attestation officielle gratuite qui remplace l'étiquette de votre DPE et conserve sa durée de validité. Le coefficient électricité DPE de 1,7 s'y applique à votre rapport existant, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur. Voici la procédure, dans l'ordre.
- Retrouvez votre rapport DPE. Le numéro d'identification du DPE figure en haut à droite du rapport, selon la FAQ ministérielle.
- Vérifiez sa date de réalisation. Les DPE réalisés après le 1er juillet 2021 et avant le 1er janvier 2027 restent valides 10 ans et peuvent être mis à jour.
- Attendez l'ouverture du service. Les nouvelles étiquettes seront téléchargeables à partir du 1er janvier 2027.
- Connectez-vous à l'Observatoire DPE-Audit. Le site de l'ADEME (Agence de la transition écologique) observatoire-dpe-audit.ademe.fr héberge le service ; vous y saisissez le numéro du DPE.
- Téléchargez l'attestation. Elle est gratuite et intègre les seuils spécifiques des logements de moins de 40 m².
- Transmettez-la au bon interlocuteur. L'attestation est utilisable pour une vente ou une mise en location : notaire, agence, locataire ou acquéreur.
- Conservez vos attestations précédentes. L'arrêté du 13 août 2025 sera abrogé le 1er janvier 2027, mais une attestation obtenue au titre du coefficient 1,9 reste valable jusqu'à sa date de fin de validité.
Les audits énergétiques réglementaires (exigés lors de la vente des maisons individuelles les moins bien classées au DPE) suivent la même logique. Selon la FAQ du ministère dans sa version du 26 août 2026, une attestation similaire sera téléchargeable sur le même site et utilisable dans les dossiers MaPrimeRénov' (aide publique à la rénovation gérée par l'Anah) déposés à compter du 1er janvier 2027. Le demandeur choisit lui-même le document qu'il dépose : ancien calcul, nouveau calcul ou attestation. Pour préparer cette étape, consultez notre guide sur l'audit énergétique réglementaire.

Pompe à chaleur et coefficient électricité DPE : le gain de classes augmente
Une pompe à chaleur (PAC) air-eau capte les calories de l'air extérieur et les transfère au circuit de chauffage et d'eau chaude. Son SCOP (coefficient de performance saisonnier) mesure le rapport entre la chaleur produite sur une saison et l'électricité consommée : un SCOP de 3 signifie 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité. Avec une chaudière au fioul, chaque kilowattheure de combustible compte 1 dans le DPE. Avec une PAC, la consommation électrique est divisée par le SCOP, puis multipliée par le coefficient électricité DPE. Plus ce coefficient baisse, plus l'écart se creuse en faveur de la PAC.
La FAQ ministérielle le formule sans détour : « Le passage à un coefficient de 1,7 va amplifier l'amélioration du DPE permise par l'installation d'une pompe à chaleur dans les logements actuellement chauffés au gaz ou au fioul. » Le remplacement d'une chaudière fossile agit aussi sur l'étiquette climat, qui chute avec l'arrêt de la combustion de fioul ou de gaz. C'est la combinaison des deux étiquettes qui explique les gains de classes observés après ce type de chantier.
Exemple chiffré : une maison de 100 m² chauffée au fioul
Nos hypothèses de calcul sont volontairement simples. La maison fait 100 m². Son besoin de chaleur utile (chauffage et eau chaude) atteint 270 kWh/m²/an. La chaudière au fioul affiche un rendement de 85 %, soit 318 kWh de fioul par mètre carré. L'éclairage et les auxiliaires consomment 10 kWh d'électricité par mètre carré. Après travaux, une PAC air-eau de SCOP 3 fournit les mêmes 270 kWh de chaleur avec 90 kWh d'électricité par mètre carré, auxquels s'ajoutent les 10 kWh d'éclairage et d'auxiliaires.
| Situation | DPE édité en 2025 (coefficient 2,3) | DPE édité en 2026 (coefficient 1,9) | DPE édité dès 2027 (coefficient 1,7) |
|---|
| Chaudière au fioul | 341 kWh/m², classe F | 337 kWh/m², classe F | 335 kWh/m², classe F |
| Pompe à chaleur air-eau | 230 kWh/m², classe D | 190 kWh/m², classe D | 170 kWh/m², classe C |
| Gain sur l'étiquette énergie | 2 classes | 2 classes | 3 classes |
Le calcul détaillé pour 2027 donne 318 + (10 × 1,7) = 335 kWh/m² avec la chaudière, et 100 × 1,7 = 170 kWh/m² avec la PAC. Le seuil de la classe C étant fixé à 180 kWh/m², le logement équipé d'une PAC y entre avec le nouveau coefficient alors qu'il restait en D à 190 kWh/m² sous le coefficient 1,9. La consommation finale passe de 32 800 kWh par an (fioul et électricité) à 10 000 kWh d'électricité. Cet exemple reste une illustration : la méthode officielle, dite 3CL, intègre l'isolation, la zone climatique, les émetteurs et la production d'eau chaude, et seule une simulation par un diagnostiqueur certifié donne votre classe réelle.
Les conditions d'un gain réel
Le gain de classes suppose un logement correctement isolé et une PAC dimensionnée sur les déperditions du logement (la chaleur perdue par les murs, la toiture, les fenêtres et le renouvellement d'air). Que Choisir Ensemble le rappelle dans son article du 21 septembre 2026 : « il est toujours plus efficace et plus profitable pour le ménage d'isoler son logement avant d'installer une PAC. Ne serait-ce que pour éviter l'achat d'un équipement surdimensionné, et donc plus cher. » Le prix d'entrée reste élevé. Arnaud Kautzmann, secrétaire général de l'Afpac (Association française pour les pompes à chaleur), indique au même magazine : « Pour une maison individuelle, comptez entre 13 000 € et 15 000 € pour l'achat d'une PAC air-eau, pose comprise et sans les aides ». Il évalue la baisse moyenne de facture à 50 %, et une étude de l'ADEME d'octobre 2025, citée par Que Choisir Ensemble, situe le retour sur investissement entre 6 et 17 ans selon les cas.
Étiquette améliorée, facture identique : le piège du gain sur le papier
La réforme améliore les étiquettes de logements dont les occupants continuent de payer la même facture. Prenons une maison de 100 m² chauffée par des convecteurs électriques (radiateurs à effet Joule, qui transforment 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur), mal isolée, qui consomme 190 kWh d'électricité par mètre carré et par an, tous usages confondus. En supposant que l'étiquette climat n'est pas la plus défavorable, son DPE affichait 437 kWh/m² en 2025 (classe G), 361 kWh/m² en 2026 (classe F) et affichera 323 kWh/m² en 2027 (classe E). Sa consommation reste de 19 000 kWh par an sur les trois années.
Le ministère estime peu probable que la réforme pousse des propriétaires à remplacer une chaudière par des convecteurs. Sa FAQ explique que le coût à l'usage de ces appareils, « qui doit figurer sur les annonces immobilières, est en revanche nettement plus important ». Le réseau RAPPEL (réseau des acteurs contre la pauvreté et la précarité énergétique dans le logement) relayait en septembre 2025 une lettre ouverte d'associations, dont l'UFC-Que Choisir, le réseau Cler, la Fondation pour le Logement, France Nature Environnement et l'association négaWatt. Ce collectif redoutait que 1,2 million de passoires chauffées par convecteurs sortent des classes F et G sans travaux, et qu'une partie des installations de PAC prévues d'ici 2030 soit remplacée par de simples convecteurs.
Le coefficient électricité DPE modifie le calcul de l'étiquette ; les kilowattheures consommés, leur prix et le confort restent les mêmes. Un logement passé de G à E par le seul effet du calcul garde des parois froides, des pièces difficiles à chauffer et une facture élevée. Pour un propriétaire occupant, la question utile porte sur la consommation réelle ; l'étiquette sert surtout à vendre, à louer et à accéder à certaines aides.
Avant de décider : six vérifications d'un installateur RGE
Un artisan RGE (Reconnu garant de l'environnement), qualification exigée pour ouvrir droit aux principales aides publiques, procède dans cet ordre avant de proposer un équipement.
- Lire les deux étiquettes du DPE. L'étiquette énergie et l'étiquette climat du rapport indiquent laquelle fixe votre classe finale.
- Comparer la consommation réelle au DPE. Trois années de factures donnent la consommation effective ; le DPE donne une consommation conventionnelle, calculée pour une occupation standard.
- Identifier le poste dominant. Le chauffage représente la plus grande part de la consommation dans une maison ancienne ; l'eau chaude vient ensuite.
- Évaluer l'isolation. Combles, murs, planchers bas et menuiseries conditionnent la puissance de la future PAC.
- Dimensionner la PAC sur les déperditions. Un calcul pièce par pièce évite un équipement surdimensionné, plus cher à l'achat et moins efficace.
- Faire simuler l'étiquette après travaux. Un diagnostiqueur ou un auditeur certifié chiffre la classe atteinte avec le coefficient 1,7 et valide le gain attendu.
Bailleur, locataire, acheteur, vendeur : les conséquences de la réforme
Pour un propriétaire bailleur, l'enjeu est le calendrier de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui fait de la performance énergétique un critère de décence du logement. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location ; les logements classés F seront concernés au 1er janvier 2028 et ceux classés E au 1er janvier 2034. Un logement loué qui passe de F à E grâce au coefficient électricité DPE gagne six années de répit par rapport à l'échéance de 2028. Notre guide sur la passoire thermique et l'interdiction de location détaille ce calendrier et les travaux à envisager.
Pour un locataire, Que Choisir Ensemble souligne dans son article du 30 août 2026 que le changement d'étiquette ne réduit ni la consommation ni la facture. Le logement perd en outre la protection du gel des loyers, qui interdit d'augmenter le loyer d'un logement classé F ou G lors d'une relocation ou d'un renouvellement de bail. Un locataire dont le logement change de classe a intérêt à comparer sa consommation réelle aux montants estimés sur le DPE.
Pour un acheteur, la lisibilité du DPE se complique. Deux maisons voisines, l'une chauffée au gaz, l'autre par convecteurs, afficheront des classes proches pour des factures très différentes. Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie, qui figure sur le DPE et dans les annonces, reste l'indicateur le plus concret. Pour un vendeur, l'attestation gratuite permet d'afficher la nouvelle classe dans l'annonce dès janvier 2027, sans refaire le diagnostic. Les copropriétés suivent des règles propres, présentées dans notre dossier sur le DPE collectif et son obligation en copropriété.
Un dernier texte reste en discussion. Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté en première lecture au Sénat début juillet 2026, prévoit qu'un logement classé G puisse être remis en location moyennant un engagement de rénovation. Selon Effy, cet engagement porterait sur des travaux réalisés sous 3 ans pour une maison individuelle et sous 5 ans pour une copropriété. Les députés doivent l'examiner à l'automne 2026.
Un débat encore ouvert en France et en Europe
La baisse du coefficient divise les acteurs du secteur. Pour le gouvernement, elle corrige une inégalité de traitement. Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, déclarait le 26 août 2025 : « La révision du calcul du DPE à partir du 1er janvier 2026 tire enfin les conséquences d'une politique énergétique qui a réussi à décarboner à 95% notre électricité grâce au nucléaire et aux renouvelables. »
La Sfen considère la correction comme incomplète. Dans son décryptage du 4 septembre 2026, Valérie Faudon, déléguée générale de la Sfen, écrit : « L'abaissement du CEP de 1,9 à 1,7 constitue un progrès, mais ne supprime pas le biais du DPE. » Son argument porte sur le gaz, compté à 1 sans tenir compte de l'énergie nécessaire à son extraction, à son transport et, pour le gaz naturel liquéfié, à sa liquéfaction. La Sfen relève que la moyenne européenne du coefficient du gaz atteint 1,1, et 1,8 en Suède, et que la Finlande a ramené son coefficient électrique de 1,7 à 1,2 depuis 2018.
Le cadre européen fixe les limites du débat. La directive EPBD (directive 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments) impose d'exprimer la performance en énergie primaire, en kWh/m²/an. Une étude réalisée pour la Commission européenne en 2023 proposait une trajectoire du coefficient électrique à 1,9 en 2025, 1,6 en 2030 et 1,4 en 2050. La consultation publique sur l'arrêté de 2026, ouverte du 9 juillet au 6 août 2026, a recueilli 110 contributions ; plusieurs associations y ont demandé la publication de la méthode justifiant la valeur de 1,7. En 2025 déjà, selon le réseau RAPPEL, le Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique et le Conseil supérieur de l'énergie avaient rendu des avis majoritairement défavorables à la baisse à 1,9. Le coefficient électricité DPE a donc changé trois fois depuis 2021, et le gouvernement annonce vouloir porter au niveau européen un alignement de l'électricité et des énergies fossiles. Un propriétaire qui planifie des travaux sur dix ans a intérêt à raisonner en consommation réelle, une grandeur que les conventions de calcul ne modifient pas.
Comment Vertena vous accompagne après la réforme du DPE
Vertena n'établit pas de DPE : ce document relève d'un diagnostiqueur certifié. Nos équipes certifiées RGE Qualibat, titulaires du label NF PAC et couvertes par une garantie décennale, réalisent en propre les travaux qui améliorent l'étiquette et la consommation de votre logement, dans les limites que fixent son état et votre zone climatique.
Lecture de votre DPE et de vos factures. Vous nous transmettez votre rapport et vos factures ; nous situons votre consommation face aux seuils du coefficient électricité DPE de 1,7 et vous adressons un devis sous 48 heures, avec une visite technique sous 7 jours.
Dimensionnement et pose de la pompe à chaleur. Nous calculons les déperditions pièce par pièce avant de choisir le modèle (Daikin Altherma, Atlantic Alféa, Mitsubishi Ecodan, Viessmann Vitocal, Panasonic Aquarea). Nos équipes ont posé 218 pompes à chaleur sur le mois en cours, avec une pose réalisée en 1 à 3 jours.
Isolation et dossier d'aides. Lorsque l'isolation limite le gain, nous proposons l'isolation thermique par l'extérieur ou le calorifugeage des réseaux, et nous prenons en charge le dossier d'aides complet. Nous ouvrons 47 chantiers par semaine dans 12 régions ; les montants d'aides dépendent de vos revenus, du type de logement, de l'équipement remplacé et de la zone climatique.
Pour obtenir une consultation, c'est vous qui nous contactez : conformément à la loi du 24 juillet 2020, Vertena ne pratique aucun démarchage téléphonique.
FAQ : coefficient électricité DPE et étiquette énergie
Le coefficient électricité DPE change-t-il quelque chose pour un logement chauffé au gaz ?
Oui, dans une faible mesure. Selon la FAQ du ministère de la Transition écologique, tous les logements consomment de l'électricité pour l'éclairage et les auxiliaires, et leur énergie primaire baisse donc légèrement. Pour une maison consommant 10 kWh d'électricité par mètre carré, le gain atteint 2 kWh/m² entre 2026 et 2027. Le chauffage au gaz reste compté à 1. Un changement de classe ne se produit que si le logement se trouve juste au-dessus d'un seuil.
Dois-je refaire mon DPE après le 1er janvier 2027 ?
Non. Selon la FAQ ministérielle mise à jour le 26 août 2026, les DPE réalisés après le 1er juillet 2021 et avant le 1er janvier 2027 restent valables 10 ans. Vous pouvez télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME à partir du 1er janvier 2027, en saisissant le numéro du rapport. Cette attestation remplace l'étiquette et garde la durée de validité du DPE d'origine.
Mon étiquette peut-elle baisser avec le nouveau calcul ?
Non. Le communiqué du ministère de la Transition écologique du 31 août 2026 précise qu'aucun logement ne verra son étiquette se dégrader. La baisse du coefficient réduit mécaniquement l'énergie primaire de tous les usages électriques, de 10,5 % selon la Sfen. Si votre étiquette climat est la plus défavorable des deux, votre classe finale reste inchangée, car cette seconde étiquette ne dépend pas du coefficient de l'électricité.
Un logement sorti du statut de passoire consomme-t-il moins ?
Non. Le changement d'étiquette résulte d'une convention de calcul. Dans l'exemple d'une maison de 100 m² chauffée par convecteurs à 190 kWh/m², la classe passe de G en 2025 à E en 2027, alors que la consommation reste de 19 000 kWh par an. Que Choisir Ensemble rappelait le 30 août 2026 que la facture des locataires concernés reste identique. Seuls des travaux d'isolation ou un changement d'équipement réduisent la consommation.
Une pompe à chaleur suffit-elle à sortir une maison au fioul des classes F et G ?
Dans notre exemple chiffré d'une maison de 100 m² à 318 kWh/m² de fioul, une PAC air-eau de SCOP 3 fait passer l'étiquette énergie de F à C avec le coefficient 1,7. Le résultat dépend de l'isolation, de la zone climatique et des émetteurs. Que Choisir Ensemble recommande en septembre 2026 d'isoler avant d'installer une PAC pour éviter le surdimensionnement. Une simulation par un diagnostiqueur certifié confirme la classe atteinte.
Quel document fournir pour un dossier MaPrimeRénov' déposé en 2027 ?
Selon la FAQ du ministère de la Transition écologique dans sa version du 26 août 2026, les DPE et audits réalisés avant le changement de coefficient restent juridiquement valides comme justificatifs d'aides. Pour les audits énergétiques, une attestation de nouvelle étiquette sera téléchargeable sur le site de l'ADEME et utilisable dans les dossiers MaPrimeRénov' déposés à compter du 1er janvier 2027. Le demandeur choisit le document qu'il dépose.
Conclusion
La réforme du 1er janvier 2027 prolonge celle de 2026 : environ 300 000 résidences principales supplémentaires sortent des classes F et G, selon l'étude d'impact présentée au Conseil supérieur de l'énergie, sans qu'un seul kilowattheure ne soit économisé. Pour un logement tout électrique, l'attestation gratuite de l'Observatoire DPE-Audit suffit à constater le changement de classe. Pour une maison chauffée au fioul ou au gaz, le calcul devient plus favorable à la pompe à chaleur : dans notre exemple, le gain passe de deux à trois classes.
La décision de travaux se prend sur votre consommation réelle, votre isolation et le dimensionnement de l'équipement. Notre guide du DPE, diagnostic de performance énergétique complète cette lecture. Si vous envisagez de remplacer une chaudière fossile, faites chiffrer le projet sur la base de vos factures et du nouveau coefficient électricité DPE : vous connaîtrez alors votre gain sur l'étiquette et votre gain sur la facture.
À lire également :
Sources :
- DPE et audits énergétiques : publication de l'arrêté abaissant le facteur de conversion de l'électricité à 1,7 au 1er janvier 2027 : ministère de la Transition écologique, 2026
- FAQ DPE, modification du facteur de conversion en énergie primaire de l'électricité : ministère de la Transition écologique, mise à jour 2026
- Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026 : favoriser l'électrification du chauffage des logements : ministère de la Transition écologique, 2025
- Arrêté du 13 août 2025 modifiant le facteur de conversion de l'électricité : Journal officiel, 2025
- Observatoire DPE-Audit : ADEME
- DPE : le mode de calcul va encore changer : Que Choisir Ensemble, 2026
- Leasing pompe à chaleur : quel est ce nouveau dispositif que s'apprête à lancer le gouvernement ? : Que Choisir Ensemble, 2026
- DPE : malgré un coefficient en baisse, l'électricité reste pénalisée face au gaz : Sfen, Revue générale nucléaire, 2026
- Combien reste-t-il de passoires thermiques en France ? : Effy, 2026
- DPE : comment la baisse du coefficient d'énergie primaire va réduire le nombre de passoires thermiques (en théorie) : réseau RAPPEL, 2025