Trois devis pour la même maison, trois puissances différentes : 8, 11 et 14 kW. Le dimensionnement pompe à chaleur, c'est-à-dire le calcul qui fixe la puissance de la machine à partir des pertes de chaleur du logement, tranche ce désaccord. Le sujet a pris une portée nouvelle le 30 septembre 2026 : le ministère de la Transition écologique a dévoilé les six lauréats de l'offre intégrée pour les pompes à chaleur, et le cahier des charges de l'ADEME (Agence de la transition écologique) exige une note de dimensionnement calculée pièce par pièce. Une pompe à chaleur air/eau trop puissante coûte plus cher à l'achat et fonctionne en cycles courts ; une machine trop faible laisse son appoint électrique chauffer à sa place. Ce guide vous donne la méthode de calcul, un exemple chiffré sur une maison type et les lignes à vérifier sur votre devis avant de signer.
À retenir :
- Le 30 septembre 2026, le ministère de la Transition écologique a retenu six consortiums qui s'engagent à installer 55 000 pompes à chaleur supplémentaires, avec des contrôles sur site pour 70 % des installations.
- Le cahier des charges ADEME du 7 juillet 2026 impose une note de dimensionnement fondée sur la norme NF EN 12831 et une vérification des radiateurs à 55 °C à la température de base.
- Le NF DTU 65.16 encadre la puissance d'une pompe à chaleur à variation de puissance entre 80 % et 100 % des déperditions, l'ensemble avec appoint devant atteindre 1,2 fois ces déperditions.
- L'ADEME a mesuré en 2025 un COP allant de 1,8 à 4,5 selon les installations, et près d'un tiers des pompes à chaleur suivies ne donnent pas les résultats attendus, en raison de réglages ou de dimensionnements imparfaits.
Pourquoi le dimensionnement pompe à chaleur revient au premier plan avec les offres intégrées
Le 30 septembre 2026, le gouvernement a présenté les six premiers lauréats de l'offre intégrée pour les pompes à chaleur, une formule clé en main qui réunit l'installation, la fourniture d'électricité à prix fixe pendant trois ans, un contrat de maintenance d'au moins trois ans, le pilotage de l'équipement et le financement du reste à charge. Le dossier de presse du ministère de la Transition écologique chiffre l'engagement des lauréats à 55 000 pompes à chaleur supplémentaires. Les précommandes sont ouvertes depuis le 1er octobre 2026, les premières installations interviennent en novembre et une nouvelle relève de candidatures est fixée au 1er janvier 2027. Le dispositif contribue à l'objectif du plan d'électrification : un million de pompes à chaleur installées en 2030.
L'offre vise les propriétaires de maisons individuelles aux revenus modestes et très modestes au sens de l'Anah (Agence nationale de l'habitat). Le ministère cite l'exemple d'un couple avec un enfant gagnant jusqu'à 3 260 € par mois à eux deux. La promesse financière est précise : la mensualité globale après travaux, qui comprend le remboursement du reste à charge, l'électricité et la maintenance, doit rester inférieure ou égale à la dépense énergétique mensuelle du ménage avant travaux. Le reste à charge est remboursé en trois ans dans la très grande majorité des cas, cinq ans au maximum selon le dossier de presse.
Cette équation ne tient que si la machine produit la chaleur prévue avec la consommation prévue. Le ministère l'écrit en toutes lettres : « Le logement est étudié en amont pour vérifier que la pompe à chaleur est adaptée et garantir sa bonne performance. » Le dimensionnement pompe à chaleur devient donc la pièce sur laquelle repose tout le modèle économique de l'offre.
Ce que le cahier des charges ADEME du 7 juillet 2026 impose
La foire aux questions officielle du dispositif, publiée par l'ADEME sur la base du cahier des charges du 7 juillet 2026, détaille l'exigence technique. La note de dimensionnement (le document qui justifie la puissance retenue) doit reposer sur un calcul des déperditions pièce par pièce selon la norme NF EN 12831, complété par le calcul de puissance des radiateurs ou du plancher chauffant existants. Ce calcul détermine si les émetteurs peuvent être conservés au regard d'une température d'eau maximale de 55 °C à la température de base pour les radiateurs et de 35 °C pour les planchers chauffants.
L'ADEME précise que ce même calcul sert à ajuster la puissance de la pompe à chaleur, à définir le besoin d'un ballon tampon (réservoir d'eau qui augmente le volume du circuit de chauffage) et à optimiser le rendement saisonnier. Lorsque la note révèle des travaux nécessaires (remplacement ou ajout de radiateurs, limiteurs de débit, isolation des réseaux, ballon tampon), l'opérateur les intègre au devis global de l'offre, sans devis complémentaire séparé. Si les déperditions du logement sont trop importantes, l'opérateur doit orienter le ménage vers un guichet France Rénov' et lui proposer un second scénario chiffré de rénovation d'ampleur.
Les consortiums ont repris cet argument dans leur communication. Le communiqué d'Effy et Octopus Energy France du 30 septembre 2026, qui annonce 15 000 des 55 000 installations prévues, met en avant « la bonne pompe à chaleur pour le bon logement : dimensionnement selon les caractéristiques du logement ». Pour un ménage qui achète sa pompe à chaleur hors de ce dispositif, les règles de dimensionnement pompe à chaleur restent les mêmes : elles découlent de normes applicables à toute installation, que nous détaillons ci-dessous.
Déperditions et température de base : le calcul qui fixe la puissance
Les déperditions d'un logement désignent la puissance de chaleur, exprimée en kilowatts (kW), qui s'échappe à travers les murs, la toiture, le plancher, les fenêtres, les ponts thermiques et le renouvellement d'air lorsqu'il fait très froid dehors. La norme NF EN 12831 est la méthode européenne qui calcule cette puissance pièce par pièce, puis l'additionne pour obtenir la déperdition totale du volume chauffé, notée D. Selon l'éditeur Argile, dont la fiche technique a été vérifiée en août 2026, ce résultat est l'entrée obligatoire du dimensionnement d'une pompe à chaleur de 70 kW ou moins.
Le calcul se fait à la température extérieure de base, notée Tbase. Elle correspond à la température nocturne extrême constatée au moins cinq jours par an sur une période de trente ans. Argile cite environ −4 °C en Bretagne et −15 °C en plaine alsacienne. La valeur de chaque commune découle de la norme NF P52-612/CN, rappelle Gesec, et elle dépend de l'altitude. Deux maisons identiques, l'une à Rennes, l'autre près de Colmar, n'ont donc pas les mêmes besoins de puissance. Votre installateur doit indiquer la Tbase retenue sur la note de calcul, avec la commune et l'altitude, parce que cette donnée décale tout le reste du calcul. Le calcul retient ensuite une température intérieure de consigne, en pratique 19 ou 20 °C pour les pièces de vie, et applique l'écart entre l'intérieur et l'extérieur à chaque paroi et au débit d'air renouvelé.
La norme NF EN 12831 répond à une autre question que le DPE (diagnostic de performance énergétique). Le DPE estime une consommation annuelle conventionnelle en kilowattheures ; le calcul de déperditions donne une puissance instantanée au moment le plus froid de l'hiver. Argile souligne que les deux calculs ne se remplacent pas : c'est la NF EN 12831 qui fixe la puissance de la machine et le régime d'eau.
Les relevés de la visite technique
Un calcul fiable demande une visite sur place. Les données relevées pièce par pièce sont les suivantes :
- les surfaces, hauteurs et volumes de chaque pièce chauffée ;
- la composition réelle des murs, planchers et toitures, avec les épaisseurs d'isolant ;
- les dimensions et la performance des fenêtres (coefficient Uw), ainsi que la présence de volets ;
- le type de ventilation et ses débits, ou à défaut une hypothèse d'étanchéité à l'air cohérente avec l'état du bâti ;
- les locaux non chauffés attenants (garage, cellier, combles perdus).
Argile rappelle que la ventilation pèse lourd dans le bilan et qu'un double comptage de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) et des infiltrations fausse le total.
Pourquoi un ratio au mètre carré ne remplace pas le calcul
Un devis qui annonce une puissance « au m² » ignore à la fois le climat et l'isolation. Reprenons deux maisons de 110 m² à l'enveloppe strictement identique, chauffées à 20 °C. À Rennes, avec une Tbase de −4 °C, l'écart de température atteint 24 °C. Près de Colmar, avec −15 °C, il atteint 35 °C. Les déperditions étant proportionnelles à cet écart, la maison alsacienne demande 35 divisé par 24, soit environ 46 % de puissance en plus que sa jumelle bretonne. À l'inverse, deux maisons de même surface dans la même ville divergent selon l'isolation des combles ou l'âge des fenêtres. Seul un dimensionnement pompe à chaleur calculé pièce par pièce capte ces écarts.
Les fourchettes du NF DTU 65.16 appliquées à une maison type
Le NF DTU 65.16 (document technique unifié publié en juin 2017) est la règle de l'art qui encadre l'installation des pompes à chaleur de 70 kW ou moins, en neuf comme en rénovation. Selon Gesec, il impose de dimensionner la pompe à chaleur sur les déperditions calculées selon la NF EN 12831, et il fixe des intervalles de conformité pour que la machine ne soit ni sous-dimensionnée ni surdimensionnée. Argile en détaille les cas dans sa fiche d'août 2026 :
| Configuration | Puissance de la pompe à chaleur | Pompe à chaleur et appoint |
|---|
| Neuf ou substitution, machine tout ou rien | 70 % à 100 % de D | au moins 1,2 × D |
| Neuf ou substitution, machine à variation de puissance | 80 % à 100 % de D | au moins 1,2 × D |
| Variation de puissance, locaux d'inertie très lourde | 70 % à 100 % de D | au moins 1,2 × D |
| Relève de chaudière existante | pas de règle de puissance | chaudière d'au moins 1,2 × D |
Une machine à variation de puissance (dite inverter) module la vitesse de son compresseur ; une machine tout ou rien fonctionne à pleine puissance ou s'arrête. Argile note que les compresseurs à variation de puissance équipent l'essentiel du parc vendu, si bien que la ligne à 80 % s'applique dans la plupart des projets. Le plafond de 100 % de D est une limite haute : au-delà, l'installation sort du référentiel.
Deux précisions changent la lecture d'un devis. D'abord, la puissance à comparer à D est celle que la machine délivre à la température de base et au régime d'eau prévu. La puissance nominale du catalogue se mesure par convention à 7 °C extérieur avec une eau à 35 °C, des conditions bien plus favorables. Ensuite, l'appoint retenu dans le calcul doit faire partie du système installé : un insert ou des convecteurs électriques déjà présents ne comptent pas pour atteindre 1,2 × D, parce que vous pouvez les retirer plus tard. En monophasé, un appoint électrique de plus de 3 kW doit offrir au moins deux niveaux de puissance, précise Argile.
Exemple chiffré : trois devis pour une maison bretonne de 110 m²
Prenons une maison de 110 m² des années 1970 près de Rennes, combles isolés, fenêtres en double vitrage, chaudière fioul à remplacer. Hypothèse de calcul : la note NF EN 12831 aboutit à D = 7,5 kW à −4 °C. Pour une machine à variation de puissance, la fourchette du DTU s'étend de 6,0 kW (80 %) à 7,5 kW (100 %) à la température de base, et l'ensemble pompe à chaleur plus appoint doit atteindre 9,0 kW (1,2 × 7,5). Les puissances délivrées à −4 °C ci-dessous sont des valeurs illustratives ; sur un vrai devis, elles se lisent dans la documentation du fabricant pour le modèle proposé.
| Devis | Puissance nominale annoncée | Puissance délivrée à −4 °C, eau à 55 °C (illustration) | Part de D | Lecture au regard du DTU 65.16 |
|---|
| A | 8 kW | 6,8 kW | 91 % | conforme, appoint intégré d'au moins 2,2 kW |
| B | 11 kW | 9,4 kW | 125 % | au-dessus du plafond de 100 % |
| C | 14 kW | 12,0 kW | 160 % | très surdimensionné |
Le devis A est le seul conforme. Le devis B dépasse le plafond du DTU tout en restant sous le seuil de 130 % que retiennent les contrôles des certificats d'économies d'énergie décrits plus bas ; il coûtera plus cher sans bénéfice de confort. Le devis C dépasse tous les seuils. La même maison, transposée près de Colmar à −15 °C, afficherait environ 10,9 kW de déperditions (7,5 × 35 ÷ 24) : une machine de la gamme des devis B ou C entrerait alors dans la discussion, sous réserve de la puissance qu'elle délivre à −15 °C. Ce calcul montre que le dimensionnement pompe à chaleur dépend de votre maison et de votre commune avant la surface.

Trop puissante ou trop faible : les mesures de l'ADEME
L'ADEME a publié le 7 octobre 2025 une campagne de mesure en conditions réelles portant sur 100 machines : 90 pompes à chaleur air/eau et 10 pompes à chaleur géothermiques, installées en remplacement de chaudières gaz ou fioul dans des maisons individuelles et instrumentées pendant une année complète. Le dossier de presse ministériel de septembre 2026 s'appuie sur ce travail pour retenir un SCOP (coefficient de performance saisonnier, rapport entre la chaleur produite et l'électricité consommée sur toute une saison) moyen d'environ 2,9 pour les pompes à chaleur air/eau. Pour 1 kWh d'électricité consommée, la machine restitue donc près de 2,9 kWh de chaleur en moyenne.
La moyenne masque une forte dispersion. Selon Infodiag, qui a rendu compte de l'étude le 9 octobre 2025, le COP (coefficient de performance mesuré) des installations suivies varie de 1,8 à 4,5, et les régions au climat doux affichent environ 30 % de performances en plus que les zones froides. Le communiqué de l'ADEME tire la conclusion qui concerne directement votre projet : « près d'un tiers des installations ne donnent pas les résultats attendus, souvent en raison de réglages ou de dimensionnements imparfaits ». Sylvain Waserman, président-directeur général de l'ADEME, a présenté ces travaux comme un moyen d'« éclairer sur les gains énergétiques possibles et ainsi contribuer à rendre l'énergie plus accessible et plus durable pour tous ».
Une pompe à chaleur air/eau performante sur sa fiche technique perd une partie de son avantage si sa puissance ou ses réglages ne correspondent pas à la maison. Le dimensionnement pompe à chaleur et le réglage de la régulation sont les deux leviers que l'étude désigne.
Le sous-dimensionnement : l'appoint électrique prend le relais
Une machine trop faible n'atteint pas la température de consigne par grand froid. L'appoint électrique, une résistance dont le rendement vaut 1 (1 kWh consommé pour 1 kWh de chaleur), comble l'écart. Argile explique qu'une pompe à chaleur trop petite laisse l'appoint prendre une part croissante de la consommation annuelle. Votre facture d'hiver grimpe et la mensualité calculée sur la base d'un bon rendement ne se vérifie plus. C'est la raison d'être du plancher de 80 % de D dans le DTU.
Le surdimensionnement : achat plus cher et cycles courts
Une machine trop puissante coûte plus cher à l'achat et fonctionne la plupart du temps à faible taux de charge. Argile précise qu'elle travaille alors dans une zone qui dégrade son COP saisonnier, avec des cycles courts (démarrages et arrêts rapprochés du compresseur) qui sollicitent la mécanique et augmentent le bruit extérieur. Les essais en laboratoire de l'ADEME nuancent ce point côté rendement : « même surdimensionnée, la PAC conserve de bonnes performances, que l'ajustement de la loi d'eau permet même d'améliorer ». Le rendement se rattrape donc par le réglage, alors que le surcoût d'achat et l'usure liée aux démarrages répétés restent acquis.
Radiateurs existants, loi d'eau et isolation future
La loi d'eau est la courbe de chauffe qui règle la température de l'eau envoyée dans les radiateurs en fonction de la température extérieure : plus il fait froid dehors, plus l'eau est chaude. Infodiag résume l'enjeu observé par l'ADEME : plus la température de départ de l'eau est élevée, plus la pompe à chaleur perd en efficacité. Le seuil de 55 °C à la température de base inscrit dans le cahier des charges de l'offre intégrée découle de cette physique. Une installation qui exige 65 ou 70 °C pour chauffer la maison par grand froid travaille avec un rendement dégradé, quelle que soit la marque de la machine. Pour approfondir les réglages, notre article sur la performance réelle d'une pompe à chaleur air/eau et les réglages qui font gagner un point de COP détaille la méthode.
La vérification des radiateurs fait partie du dimensionnement pompe à chaleur. Pour chaque pièce, l'installateur compare la puissance que délivre le radiateur existant avec une eau à 55 °C à la déperdition de la pièce. Si le radiateur est trop petit, trois options existent : le remplacer par un modèle plus grand, en ajouter un, ou réduire la déperdition de la pièce par des travaux d'isolation. L'ADEME indique dans sa foire aux questions qu'un logement déjà isolé présente des déperditions réduites et peut conserver ses émetteurs à une température compatible avec le seuil de 55 °C.
Isoler après la pose : ce que l'ADEME a testé
Les essais en laboratoire publiés par l'ADEME en octobre 2025 ont simulé une même maison avant et après rénovation. Après isolation, la pompe à chaleur se retrouve surdimensionnée par rapport aux nouvelles déperditions, et l'agence conclut qu'elle conserve de bonnes performances, que l'ajustement de la loi d'eau améliore encore. Si vous prévoyez d'isoler vos combles ou vos murs dans les deux ou trois ans, demandez à votre installateur deux calculs de déperditions : l'un sur l'état actuel, l'autre sur l'état après travaux. Un modèle à variation de puissance dont la plage de modulation couvre les deux situations limite les cycles courts après l'isolation. Lorsque les déperditions actuelles sont très élevées, l'ADEME prévoit dans le cadre de l'offre intégrée un second scénario de rénovation d'ampleur (bouquet de travaux financé par MaPrimeRénov' Parcours accompagné), non cumulable avec l'offre intégrée sur un même projet. Pour les maisons où l'eau à 55 °C ne suffit pas, notre comparatif pompe à chaleur hybride ou PAC air/eau seule présente l'alternative.
Le volume d'eau du circuit compte autant que la puissance. Argile rappelle que l'annexe B du NF DTU 65.16 fixe la méthode de calcul du volume d'eau nécessaire au bon fonctionnement de la machine : si le réseau en contient trop peu, un ballon tampon s'impose pour permettre des dégivrages complets et éviter les cycles courts.
Dimensionnement pompe à chaleur : la checklist avant de signer
Les huit lignes ci-dessous figurent sur toute note sérieuse, qu'elle accompagne une offre intégrée ou un achat classique avec aides. Si l'une d'elles manque, demandez-la par écrit avant de signer le devis.
Les huit lignes d'une note de dimensionnement pompe à chaleur complète
- La température de base. La note indique la commune, l'altitude et la Tbase retenue, par exemple environ −4 °C en Bretagne ou −15 °C en plaine alsacienne selon les ordres de grandeur d'Argile.
- La température intérieure de consigne. La valeur retenue pour les pièces de vie et pour les pièces traitées à part, comme la salle de bains.
- Les déperditions pièce par pièce. Un tableau par pièce, en watts, et le total D en kW pour le volume chauffé.
- La méthode de calcul. La mention explicite de la norme NF EN 12831, exigée par le cahier des charges ADEME de l'offre intégrée et par le NF DTU 65.16.
- La puissance de la machine à la température de base. La puissance délivrée à la Tbase et à la température d'eau retenue, distincte de la puissance nominale à 7 °C et 35 °C.
- Le rapport entre puissance et déperditions. Un pourcentage de D compris entre 80 % et 100 % pour une machine à variation de puissance.
- L'appoint intégré. La puissance de la résistance d'appoint et la vérification que l'ensemble atteint au moins 1,2 × D, sans compter les convecteurs déjà présents.
- Les émetteurs et le volume d'eau. La puissance de chaque radiateur à 55 °C (ou du plancher à 35 °C) comparée à la déperdition de sa pièce, la liste des radiateurs à changer et la décision sur le ballon tampon.
Le dimensionnement pompe à chaleur se vérifie en confrontant les lignes 3, 5 et 6 : si la puissance délivrée à la température de base divisée par D sort de la fourchette du DTU, demandez une explication écrite. La note de dimensionnement pompe à chaleur doit vous être remise : c'est un critère des contrôles des certificats d'économies d'énergie, comme nous le verrons dans la section suivante. Le choix du fluide frigorigène ne change pas ce calcul ; il se discute à part, comme l'explique notre article pompe à chaleur R290 ou R32.
Les signaux d'alerte sur un devis
Certains indices révèlent une étude de dimensionnement pompe à chaleur bâclée ou absente :
- une puissance justifiée par la seule surface du logement, sans calcul de déperditions ;
- un devis établi sans visite technique, à partir d'une conversation téléphonique ou d'un formulaire ;
- une seule valeur de puissance, la nominale, sans indication à la température de base ;
- un appoint qui repose sur vos radiateurs électriques ou votre insert existants ;
- une offre reçue à la suite d'un appel non sollicité : le démarchage téléphonique en rénovation énergétique est interdit par la loi du 24 juillet 2020, et la foire aux questions de l'ADEME confirme qu'aucun assouplissement n'est prévu pour les lauréats de l'offre intégrée.
Seuls les consortiums déclarés éligibles (six au 30 septembre 2026) proposent l'offre intégrée, et leur liste est publiée sur le site du ministère chargé de l'Énergie. Une proposition qui se réclame de ce dispositif sans figurer sur la liste doit vous alerter.
Contrôles RGE et CEE : ce que votre dossier d'aides exige
Le dimensionnement pompe à chaleur conditionne vos aides autant que votre confort. La mention RGE (Reconnu garant de l'environnement) est la qualification que doit détenir l'installateur pour que vous accédiez à MaPrimeRénov' et aux CEE (certificats d'économies d'énergie, primes financées par les fournisseurs d'énergie). Les pompes à chaleur air/eau individuelles relèvent de la fiche CEE BAR-TH-171, et l'offre intégrée exige un modèle éligible à la bonification Coup de pouce Chauffage de cette fiche, selon la foire aux questions de l'ADEME.
Gesec décrit trois niveaux de contrôle. Depuis le 1er janvier 2021, les audits de chantier RGE reposent sur des grilles communes à Qualibat, Qualit'EnR et Qualifelec. Un calcul de déperditions et une note de dimensionnement doivent être présentés lors de l'audit d'une pompe à chaleur, et l'absence de l'un des deux constitue une non-conformité majeure, susceptible de mener à la suspension de la mention RGE. Pour les contrôles CEE, en vigueur depuis le 1er avril 2022, l'annexe III de l'arrêté du 28 septembre 2021 modifié exige que la note de dimensionnement ait été remise au bénéficiaire et que la machine ne soit pas manifestement sous-dimensionnée ou surdimensionnée.
| Référentiel | Seuil de puissance rapporté aux déperditions | Conséquence en cas de dépassement |
|---|
| NF DTU 65.16, machine à variation de puissance | 80 % à 100 % de D | installation non conforme aux règles de l'art, opposable en expertise |
| Grille d'audit RGE, exemple d'une machine tout ou rien | non-conformité mineure sous 60 % ou au-dessus de 130 %, majeure au-delà de 140 % | audit supplémentaire, suspension possible de la mention RGE |
| Contrôle CEE, pompe à chaleur air/eau en résidentiel | 60 % à 130 % de D | opération classée non satisfaisante, prime CEE non versée |
Gesec insiste sur un point : les grilles RGE et CEE tolèrent une marge, mais le DTU fait foi en cas de litige. Les seuils de 60 % et 130 % sont des marges d'erreur, pas des cibles. Dans l'exemple breton, le devis C (160 % de D) ferait perdre la prime CEE ; le devis B (125 %) passerait le contrôle CEE tout en restant hors des règles de l'art. Les critères de contrôle évoluent par arrêté : demandez à votre installateur la version en vigueur à la date de votre devis.
Côté MaPrimeRénov', l'aide au geste reste ouverte à la pompe à chaleur air/eau depuis la réforme du 1er septembre 2026, rappelle Effy dans un communiqué de 2026. Batiactu rapporte le même jour que le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de supprimer cette aide au geste pour les pompes à chaleur dès le 1er janvier 2027, afin de concentrer les moyens de l'Anah sur les rénovations d'ampleur. Ce projet doit encore être voté par le Parlement. Les montants d'aide dépendent de vos revenus, du type de logement, de l'équipement remplacé et de la zone climatique.
Comment Vertena dimensionne votre pompe à chaleur air/eau
Vertena est un artisan RGE Qualibat qui pose en propre des pompes à chaleur air/eau depuis 2019. Nous ne faisons pas partie des six consortiums de l'offre intégrée : nous réalisons des installations en achat classique, avec montage complet du dossier d'aides. Chaque projet commence par un dimensionnement pompe à chaleur calculé sur place.
Visite technique et note de calcul. Vous recevez un premier devis sous 48 heures et la visite technique a lieu sous 7 jours. Le technicien relève chaque pièce pour le calcul des déperditions, et la note de dimensionnement qui en découle fixe la puissance définitive ainsi que la liste des radiateurs à conserver ou à remplacer.
Pose et mise en service. La pose dure de 1 à 3 jours après la visite. Nos équipes ont posé 218 pompes à chaleur sur le mois en cours, avec des machines Daikin, Atlantic, Mitsubishi Electric, Viessmann et Panasonic.
Dossier d'aides et garanties. Nous montons les dossiers MaPrimeRénov' et CEE avec la note de dimensionnement jointe. Vertena détient le label NF PAC et la garantie décennale, et ouvre 47 chantiers par semaine dans 12 régions.
Pour obtenir une visite technique et une note de calcul pour votre maison, demandez une consultation depuis la page contact de vertena.fr.
FAQ : dimensionnement pompe à chaleur
Quelle puissance de pompe à chaleur pour une maison de 100 m² ?
Aucune valeur unique ne répond à cette question, parce que la puissance dépend des déperditions et de la température de base. Le NF DTU 65.16 impose de calculer ces déperditions selon la norme NF EN 12831. À enveloppe identique, une maison près de Colmar (Tbase d'environ −15 °C) demande environ 46 % de puissance en plus que sa jumelle près de Rennes (Tbase d'environ −4 °C), selon le rapport des écarts de température. Seul un dimensionnement pompe à chaleur établi après visite donne le bon chiffre.
Dimensionnement pompe à chaleur : qui doit faire le calcul ?
L'installateur RGE réalise le calcul et le présente lors des audits de qualification. Selon Gesec, l'absence de calcul de déperditions ou de note de dimensionnement lors d'un audit RGE constitue une non-conformité majeure. Aucun format n'est imposé : un tableur ou un logiciel conviennent, à condition que la méthode NF EN 12831 soit appliquée pièce par pièce. Pour les contrôles CEE, la note doit vous être remise.
Une pompe à chaleur surdimensionnée consomme-t-elle plus ?
Les essais en laboratoire de l'ADEME publiés en octobre 2025 montrent qu'une machine surdimensionnée conserve de bonnes performances si la loi d'eau est bien réglée. Le surcoût porte sur l'achat et sur l'usure : Argile explique qu'une machine trop puissante travaille à faible taux de charge, avec des démarrages répétés du compresseur. Au-delà de 130 % des déperditions, les contrôles CEE décrits par Gesec classent l'opération non satisfaisante.
Faut-il changer ses radiateurs pour passer à la pompe à chaleur ?
Pas systématiquement. Le cahier des charges ADEME de l'offre intégrée fixe le test : chaque radiateur doit couvrir la déperdition de sa pièce avec une eau à 55 °C à la température de base. Si c'est le cas, il reste en place. Sinon, l'installateur le remplace, en ajoute un ou propose d'isoler la pièce. L'ADEME précise qu'un logement déjà isolé conserve plus facilement ses émetteurs.
La note de dimensionnement est-elle obligatoire pour toucher la prime CEE ?
Oui pour les pompes à chaleur air/eau résidentielles contrôlées. Selon Gesec, l'annexe III de l'arrêté du 28 septembre 2021 modifié, appliquée depuis le 1er avril 2022, exige que la note de dimensionnement soit remise au bénéficiaire et que la puissance reste entre 60 % et 130 % des déperditions. Une opération hors de ces bornes est classée non satisfaisante et la prime n'est pas versée. Conservez la note avec votre devis signé.
L'offre intégrée change-t-elle les règles de dimensionnement ?
Elle les rend contractuelles et contrôlées. Le cahier des charges ADEME du 7 juillet 2026 impose une note NF EN 12831 pièce par pièce, la vérification des émetteurs à 55 °C et l'intégration au devis global des travaux complémentaires. Le ministère prévoit des contrôles sur site pour 70 % des installations. Les fourchettes de puissance restent celles du NF DTU 65.16, applicables à toute pompe à chaleur de 70 kW ou moins.
Conclusion
Le lancement des offres intégrées le 30 septembre 2026 a placé la note de dimensionnement pompe à chaleur au cœur du contrat : contrôles sur site pour 70 % des installations, radiateurs vérifiés à 55 °C, travaux complémentaires chiffrés dans le devis. Le NF DTU 65.16 de 2017 fixe les règles de fond, valables pour toute maison : déperditions calculées pièce par pièce selon la NF EN 12831, puissance comprise entre 80 % et 100 % de ces déperditions pour une machine à variation de puissance, appoint intégré pour atteindre 1,2 fois ce total.
Avant de signer, comparez vos devis sur la puissance délivrée à la température de base. Exigez la note écrite et vérifiez ses huit lignes. Un dimensionnement pompe à chaleur juste protège votre facture, la durée de vie de la machine et votre prime CEE.
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Sources :