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Fin du gaz de ville : votre rue peut-elle être coupée du réseau, et quand quitter votre chaudière gaz ?

La fin du gaz de ville est entrée dans les engagements de six métropoles le 11 septembre 2026. Aucun particulier n'est obligé de changer de chaudière, mais la CRE prévoit une hausse durable du coût du réseau. Méthode et aides pour choisir le bon moment.

auteur
Vertena
publication
7 octobre 2026
lecture
25 min

La fin du gaz de ville, c'est-à-dire la fermeture progressive de portions du réseau public de distribution de gaz naturel, est entrée dans les engagements de six métropoles françaises. Le 11 septembre 2026, le gouvernement a désigné 109 territoires d'électrification, et Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble se sont engagées à décommissionner des branches de leur réseau. Si votre maison est chauffée par une chaudière raccordée au réseau, la fin du gaz de ville pose deux questions : votre rue risque-t-elle d'être coupée, et faut-il changer d'équipement maintenant ? En résumé : aucune branche n'est encore désignée à Lyon, aucun particulier n'est obligé de remplacer sa chaudière, et la Commission de régulation de l'énergie (CRE) prévoit une hausse durable du coût du réseau pour les abonnés qui restent. Ce guide sépare le décidé, le projet et l'estimation, puis vous donne une méthode chiffrée pour choisir le bon moment.

À retenir :

  • 109 territoires d'électrification, couvrant près de 7 000 communes, ont été retenus le 11 septembre 2026 sur 197 candidatures, selon la liste publiée par Selectra à partir du dossier de presse du ministère chargé de l'Énergie.
  • Aucun propriétaire n'a l'obligation de remplacer sa chaudière gaz : la fin du gaz de ville, telle que programmée en 2026, engage les collectivités et laisse aux ménages le choix de leur équipement.
  • Dans son rapport du 1er juillet 2026, la CRE estime que le tarif de distribution du gaz augmenterait de 0,2 % à 3,5 % par an hors inflation d'ici 2050, selon le rythme de baisse de la consommation.
  • Le coût du réseau par client passerait de 533 € en 2025 à 1 052 € en 2050 dans le scénario de baisse rapide, d'après les données de la CRE analysées par Selectra.
  • Un dossier MaPrimeRénov' pour une pompe à chaleur déposé avant le 31 décembre 2026 conserve le barème 2026, alors que le projet de loi de finances 2027 prévoit de financer les PAC par les seuls CEE.

Fin du gaz de ville : les annonces du 11 septembre 2026

Le programme des territoires d'électrification est la mesure n° 1 du plan d'électrification, la feuille de route gouvernementale de sortie des énergies fossiles présentée en avril 2026 avec 22 mesures. Le dossier de presse d'avril 2026 visait 100 territoires et inscrivait parmi leurs axes « la planification de la sortie accélérée du gaz, incluant l'accompagnement financier des ménages concernés ». Le 11 septembre 2026, la ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon, a finalement retenu 109 lauréats sur 197 candidatures, rapporte Localtis, le média de la Banque des Territoires. Ces lauréats regroupent 6 676 communes d'après Localtis, près de 7 000 selon Selectra, et 87 % d'entre eux correspondent à des communes rurales ou à habitat dispersé.

Les lauréats sont surtout des intercommunalités, des syndicats départementaux d'énergie et des régions entières comme la Corse, La Réunion ou la Martinique. Leurs projets portent sur deux priorités : les bornes de recharge pour véhicules électriques et la sortie du fioul et du gaz dans les bâtiments. Dans un entretien au Parisien relayé par Localtis, Maud Bregeon précise que la suite du plan « financera par exemple des mesures ambitieuses pour sortir des chaudières au gaz, électrifier les réseaux de bus ».

Les six métropoles engagées sur leur réseau gazier

Six métropoles lauréates, Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble, se sont engagées à décommissionner des branches de leur réseau, c'est-à-dire à planifier la mise hors service définitive de certaines canalisations de distribution. Chaque territoire prépare une feuille de route pluriannuelle avec le préfet et un référent de l'ADEME (Agence de la transition écologique). La phase de fixation des objectifs court jusqu'au 1er décembre 2026, la signature est attendue d'ici la fin de l'année, et les services de l'État accompagnent ensuite les lauréats jusqu'en 2030.

Ce calendrier fixe des engagements aux collectivités. Il ne contient aucune date de coupure pour une rue, un quartier ou une commune. Pour un ménage, la fin du gaz de ville reste à ce stade un sujet de planification locale, sans décision individuelle à prendre avant la publication des feuilles de route.

Les trois points inchangés pour votre maison

Trois points restent identiques après le 11 septembre 2026 :

  1. Seules des branches sont visées. Les engagements portent sur des tronçons ciblés du réseau, que chaque métropole doit encore identifier avec GRDF et l'ADEME.
  2. Aucune obligation pour les particuliers. Selectra le formule ainsi : « Aucun propriétaire ne sera contraint de changer sa chaudière parce que son intercommunalité a été retenue. »
  3. Aucune rue désignée à Lyon. Le média lyonnais La Clé Publique écrit le 17 septembre 2026 : « Pour l'heure, aucune branche lyonnaise n'est désignée. »

Pour un propriétaire, l'effet le plus proche de la fin du gaz de ville est financier : la hausse du coût du réseau détaillée plus bas arrive avant toute fermeture de branche.

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Chauffage actuel

Étape 1 sur 3

Le Coup de pouce Chauffage ne se déclenche que sur remplacement de chaudière fioul, gaz ou charbon.

Comment ferme-t-on une branche de réseau de gaz ?

Dans le cadre juridique actuel, la fin du gaz de ville se heurte au droit des abonnés : fermer une branche de réseau suppose aujourd'hui que plus aucun abonné n'y soit raccordé. Le cabinet Seban Avocats rappelle que l'autorité organisatrice de la distribution (la commune ou la métropole propriétaire des canalisations) ne peut pas décider l'arrêt du service pour des usagers déjà raccordés, en raison du droit d'accès au réseau et du principe de continuité du service public. Le gestionnaire GRDF (Gaz Réseau Distribution France, qui exploite la grande majorité des concessions de distribution) ne peut pas non plus déraccorder un client contre son gré. Résultat pratique : un seul consommateur qui refuse de quitter le gaz suffit à maintenir une branche en service, avec ses coûts de surveillance et d'entretien.

La CRE propose de lever cet obstacle. Son rapport « Avenir des infrastructures gazières à 2050 », publié le 1er juillet 2026, recommande un cadre juridique pour les clients situés en bout d'antenne ou isolés, assorti de trois garde-fous :

  1. Un déclenchement justifié, par exemple lorsqu'un réinvestissement lourd serait nécessaire sur une portion peu utilisée.
  2. Une alternative énergétique viable pour les foyers concernés, comme l'électricité ou un réseau de chaleur.
  3. Un effort de prévenance et un accompagnement soutenu des ménages.

Le régulateur qualifie ces pistes d'exploratoires. Aucune procédure de déraccordement imposé n'existe en droit français à la date de publication de cet article.

La CRE a recensé les communes où le gaz restera nécessaire. Sur les 9 300 communes desservies par GRDF, environ 2 000 communes, qui rassemblent 6,8 millions de consommateurs, accueillent au moins un usage exigeant durablement le réseau. Environ 500 communes supplémentaires sont liées à des sites de biométhane (gaz renouvelable produit par méthanisation de matières organiques), en service ou en projet.

Lyon, premier terrain d'observation

À Lyon, l'enjeu se mesure en abonnés. La concession de la ville comptait encore 132 540 abonnés et acheminait 1 885 GWh en 2024, selon le rapport annuel de GRDF cité par La Clé Publique. Les 58 communes de la Métropole de Lyon sont couvertes par le programme. Aucun budget spécifique ni liste définitive d'investissements n'a été publié, et la feuille de route doit être signée avec l'État et l'ADEME d'ici fin 2026.

Le coût d'un démantèlement

Retirer des canalisations représente une dépense importante. D'après les simulations de la CRE détaillées par Selectra, le démantèlement de réseaux d'ici 2050 coûterait 0,6 milliard d'euros dans le scénario de baisse lente, 2,2 milliards dans le scénario intermédiaire et 13 milliards dans le scénario de baisse rapide. L'EnerGeek rapporte que la CRE retient pour ce dernier cas un ordre de grandeur « autour des 10 milliards » d'euros. Aux règles actuelles, l'abandon d'une conduite revient à environ 200 € par mètre et celui d'un branchement à environ 100 €. Ces dépenses entrent dans le tarif de réseau payé par les abonnés restants.

L'effet ciseau : pourquoi le gaz coûtera plus cher à ceux qui restent

L'effet ciseau désigne l'écart croissant entre des coûts de réseau qui baissent peu et une consommation qui baisse vite. La consommation française de gaz est tombée à 371 TWh en 2025, soit environ 20 % de moins qu'en 2021, d'après Connaissance des Énergies qui reprend les chiffres de la CRE. Le nombre de clients a reculé de 1,6 % sur la même période, dont 107 000 clients perdus pour la seule année 2025.

Le réseau coûte presque autant à entretenir lorsqu'il transporte moins de gaz. D'après la lecture du rapport publiée par Selectra, la CRE estime qu'environ 40 % des charges d'exploitation sont insensibles aux volumes consommés : tant qu'une conduite est en service, l'opérateur doit la surveiller, l'inspecter et l'entretenir pour des raisons de sécurité. Le régulateur compare trois scénarios d'évolution entre 2025 et 2050.

Scénario (2025 à 2050)Coût total des infrastructuresConsommation de gazUsagers raccordés à la distributionTarif moyen de distribution
GR, gestionnaires de réseaux (baisse lente)−11 %−14 %−9 %+0,2 % par an hors inflation
S3 de l'ADEME (baisse modérée)−16 %−34 %−26 %+1,4 % par an hors inflation
S1 de l'ADEME (baisse rapide)−17 %−56 %−60 %+3,5 % par an hors inflation

Dans le scénario S1, le nombre d'abonnés passerait d'environ 11 millions aujourd'hui à 5 millions en 2050, selon L'EnerGeek, tandis que le coût total des infrastructures ne reculerait que de 17 %. Le rapport de la CRE sur l'avenir des infrastructures gazières chiffre la conséquence à +3,5 % par an, hors inflation, sur le tarif moyen de distribution jusqu'en 2050. Les tarifs de réseau représentent aujourd'hui environ un tiers de la facture globale de gaz d'un ménage, précise le régulateur.

Rapporté à chaque client, le coût du réseau passerait de 533 € par an en 2025 à 1 052 € en 2050 dans le scénario de baisse rapide, contre 502 € et 570 € dans les deux autres scénarios, selon la lecture des données de la CRE publiée par Selectra le 1er juillet 2026. Ces montants s'entendent hors inflation et la CRE les présente comme illustratifs. Plus la fin du gaz de ville s'accélère, plus la facture réseau de ceux qui restent augmente. Pour atténuer cet effet, la CRE propose six évolutions du cadre tarifaire qui avancent une partie des dépenses dans le temps, et suggère d'étudier des financements extérieurs au tarif, comme le budget de l'État.

La hausse du tarif d'acheminement sur votre facture

Le tarif d'acheminement, appelé ATRD (accès des tiers aux réseaux de distribution), rémunère GRDF pour transporter le gaz jusqu'à votre compteur. La CRE le fixe et il figure dans toutes les offres, quel que soit votre fournisseur. La période tarifaire en cours, l'ATRD7, est entrée en vigueur le 1er juillet 2024 avec une hausse de 27,5 % de la grille de GRDF, d'après les grilles publiées par les comparateurs d'énergie, puis elle évolue chaque 1er juillet.

Au 1er juillet 2026, la grille de GRDF a augmenté de 5,87 % en moyenne, en application de la délibération de la CRE n° 2026-96 du 7 mai 2026. La CRE évalue l'impact de cette évolution sur la facture TTC des clients résidentiels à environ +1,5 % en moyenne. Pour une maison chauffée au gaz, l'option tarifaire concernée est la T2, destinée aux consommations de 6 000 à 300 000 kWh par an. Du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, elle comprend un abonnement de 196,68 € HT par an et une part variable de 12,79 € HT par MWh, soit 0,01279 € par kWh.

Exemple chiffré pour une maison de 15 000 kWh

Prenons une maison qui consomme 15 000 kWh de gaz par an pour le chauffage et l'eau chaude. La part acheminement hors taxes se calcule en trois lignes :

  • Abonnement T2 : 196,68 €.
  • Part variable : 15 MWh × 12,79 € = 191,85 €.
  • Total acheminement : 388,53 € HT par an, avant taxes.

Si ce foyer réduit sa consommation de 20 % après des travaux d'isolation, la part variable descend à 153,48 € (12 MWh × 12,79 €) mais l'abonnement reste identique. La part fixe pèse alors 56 % du coût d'acheminement, contre 51 % avant travaux. À l'échelle nationale, la baisse des volumes produit le même effet sur le tarif. Ce calcul ne couvre que l'acheminement ; le prix du gaz lui-même, les taxes (accise sur le gaz naturel, TVA) et la marge du fournisseur s'y ajoutent.

Face à la fin du gaz de ville, une pompe à chaleur hybride, qui associe une PAC électrique et une chaudière gaz d'appoint, garde la maison raccordée au réseau. Elle conserve l'abonnement d'acheminement et reste exposée à la hausse décrite par la CRE.

Pompe à chaleur air/eau installée contre le mur d'une maison, à côté du coffret de compteur gaz

Fin du gaz de ville et chaudière : la méthode de décision en sept points

Le bon moment pour quitter le gaz dépend de l'état de votre chaudière, de votre facture et de vos droits aux aides. Une chaudière qui tombe en panne en janvier impose une décision en quelques jours, sans devis comparés. MaPrimeRénov' exige un dossier déposé avant le début des travaux : une pompe à chaleur posée en urgence perd ce financement. Anticiper vous laisse le temps de comparer, de faire dimensionner l'installation et de déposer les demandes d'aides dans l'ordre. Les sept points ci-dessous structurent cette décision.

  1. Âge de la chaudière. Relevez l'année de pose sur la plaque signalétique ou la facture d'installation. Plus l'appareil est ancien, plus une panne majeure rapproche l'échéance du remplacement.
  2. Rapport d'entretien. L'entretien annuel d'une chaudière gaz est obligatoire. Lisez l'avis du technicien, les pièces remplacées et les mesures de combustion des trois dernières visites.
  3. Consommation annuelle. Additionnez les kWh de gaz facturés sur douze mois et calculez votre part acheminement avec la grille T2 présentée plus haut.
  4. Compatibilité des émetteurs. Selon l'ADEME, une PAC air/eau (pompe à chaleur qui capte les calories de l'air extérieur et chauffe l'eau de vos radiateurs) fonctionne idéalement avec une eau entre 35 et 45 °C, alors qu'une chaudière chauffe fréquemment à 60 °C. Des radiateurs larges ou un plancher chauffant conviennent ; des radiateurs étroits demandent un remplacement partiel.
  5. Performance attendue. L'ADEME a mesuré un COP (coefficient de performance, rapport entre la chaleur produite et l'électricité consommée) moyen de 2,9 sur 100 maisons équipées, avec des valeurs allant de 1,8 à plus de 4 selon la pose et les réglages.
  6. Profil d'aides. Votre catégorie de revenus au sens de l'Anah (Agence nationale de l'habitat : très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs) détermine le montant de MaPrimeRénov' et une partie de la prime CEE.
  7. Situation de votre commune. Vérifiez si votre intercommunalité figure parmi les 109 territoires d'électrification et suivez la publication de sa feuille de route.

Le choix de l'installateur conditionne la performance mesurée. Dans l'étude de l'ADEME publiée en octobre 2025, une pompe à chaleur sur trois aurait été plus performante avec des réglages adaptés ou une installation plus rigoureuse. Abaisser de 10 °C la température de l'eau envoyée dans les radiateurs fait gagner un point de COP, d'après la même étude. Céline Laruelle, ingénieure au service Bâtiment de l'ADEME, résume le critère de choix : « Si un installateur ne connaît pas la loi d'eau, je préfère ne pas collaborer avec lui. » La loi d'eau désigne le réglage qui adapte automatiquement la température de l'eau de chauffage à la température extérieure. Pour approfondir, consultez notre analyse de la performance réelle d'une pompe à chaleur air/eau.

Fin du gaz de ville : trois profils de maison

Les trois situations suivantes sont des exemples types, construits à partir des barèmes 2026 et des mesures de l'ADEME. Elles illustrent la méthode ; votre devis reste la seule base de calcul.

  • Une maison de 1985, 110 m², chaudière gaz de 22 ans, ménage aux revenus très modestes, grands radiateurs en fonte. Les émetteurs acceptent une eau à basse température. Le remplacement anticipé est cohérent : une PAC air/eau déposée en dossier MaPrimeRénov' avant le 31 décembre 2026 reçoit 5 000 € selon le barème 2026, avant la prime CEE.
  • Une maison de 2005, 95 m², chaudière à condensation de 6 ans, ménage aux revenus supérieurs. MaPrimeRénov' par geste verse 0 € à cette catégorie pour une PAC. Conserver la chaudière, l'entretenir et prioriser l'isolation garde son sens tant que la feuille de route locale ne vise pas la rue.
  • Une maison de 1972, 120 m², chaudière gaz de 14 ans, ménage aux revenus modestes, petits radiateurs en acier. L'étude de dimensionnement chiffre le remplacement de deux ou trois radiateurs, que l'ADEME juge suffisant dans certains cas pour faire fonctionner une PAC à basse température. La prime MaPrimeRénov' atteint 4 000 € pour ce profil.

Les logements de plus de 15 ans sont seuls éligibles à MaPrimeRénov' par geste, avec une pose confiée à un artisan RGE (Reconnu garant de l'environnement, qualification exigée pour ouvrir droit aux aides publiques).

Par quoi remplacer le gaz dans une maison individuelle ?

Pour anticiper la fin du gaz de ville, quatre solutions remplacent une chaudière raccordée au réseau gazier dans une maison individuelle. Le tableau compare leurs repères de performance, l'aide MaPrimeRénov' par geste 2026 pour un ménage très modeste et le point de vigilance principal.

SolutionRepère de performanceMaPrimeRénov' 2026, ménage très modestePoint de vigilance
PAC air/eauCOP moyen de 2,9 mesuré par l'ADEME sur 100 maisons (2025)5 000 €Radiateurs adaptés à une eau de 35 à 45 °C
PAC géothermique (eau/eau ou sol/eau)Captage dans le sol, moins sensible au froid extérieur11 000 €Coût du forage ou des capteurs enterrés
PAC hybride (PAC et appoint gaz)Appoint gaz conservé pour les jours froidsAucune aide sur l'appoint gazAbonnement gaz et hausse du tarif réseau maintenus
Raccordement à un réseau de chaleurChaleur livrée par une chaufferie collectiveÉligible au Coup de pouce ChauffageDisponible seulement si un réseau passe dans votre rue

La PAC air/eau reste la solution la plus complète pour remplacer une chaudière, selon l'ADEME, parce qu'elle alimente les radiateurs existants et produit l'eau chaude sanitaire. Une PAC bien configurée divise en moyenne par deux la facture de chauffage et réduit les émissions de CO₂ d'un facteur 8 à 10 par rapport à une chaudière fioul ou gaz, d'après l'étude de l'ADEME publiée en octobre 2025. L'agence estime l'investissement rentable en deux ans avec les aides en vigueur pendant la campagne de mesure, et en six à huit ans sans aide. Notre guide pompe à chaleur air/eau : comprendre, comparer et décider détaille les prix et le dimensionnement.

La PAC air/air, qui souffle de l'air chaud par des unités murales, ne produit pas d'eau chaude sanitaire et n'ouvre pas droit à MaPrimeRénov' par geste. La PAC hybride limite le changement d'habitudes, mais elle laisse la maison dépendante du réseau gazier ; notre comparatif pompe à chaleur hybride ou PAC air/eau seule chiffre les deux options. Si vous préférez conserver le gaz quelques années, notre fiche sur la chaudière gaz à condensation présente les conditions d'un remplacement à l'identique.

Financer la sortie du gaz : aides et calendrier pour 2026 et 2027

Pour préparer la fin du gaz de ville, le calendrier des aides favorise un dépôt de dossier avant le 31 décembre 2026. Depuis le 1er septembre 2026, la date de dépôt du dossier MaPrimeRénov' fixe le barème applicable : un dossier déposé en 2026 conserve le barème 2026 même si la pose a lieu en 2027, à condition que les travaux commencent après l'accusé de réception. Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 a retiré six travaux du parcours par geste pour les demandes déposées à partir du 1er septembre 2026 ; la PAC air/eau et la PAC géothermique y restent éligibles.

Le projet de loi de finances 2027 (PLF 2027) prévoit de sortir les pompes à chaleur de MaPrimeRénov' par geste au 1er janvier 2027. Batiactu rapporte le 5 octobre 2026 que l'annexe « Cohésion des territoires » du PLF prévoit un financement des PAC par les seuls CEE (certificats d'économies d'énergie, primes financées par les fournisseurs d'énergie), avec un budget de l'Anah ramené de 1,450 milliard d'euros en 2026 à 1,233 milliard en 2027. Le texte entre en discussion à l'Assemblée nationale en octobre 2026 et peut encore évoluer d'ici son adoption.

AideMontant ou plafondCondition principaleSource et version
MaPrimeRénov' par geste, PAC air/eau5 000 € (très modestes), 4 000 € (modestes), 3 000 € (intermédiaires), 0 € (supérieurs)Logement de plus de 15 ans, artisan RGE, dossier avant travauxBarème Anah 2026, dossiers déposés jusqu'au 31 décembre 2026
MaPrimeRénov' par geste, PAC géothermique11 000 €, 9 000 €, 6 000 €, 0 € selon les mêmes catégoriesMêmes conditionsBarème Anah 2026
Coup de pouce Chauffage (CEE)Calculé par dossier selon la zone, la surface, la performance et les revenusRemplacement d'une chaudière gaz, fioul ou charbon6e période CEE, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030
Éco-PTZ15 000 € pour une action, 25 000 € pour deux, 30 000 € pour trois ou plus, 50 000 € en rénovation globaleRemboursement sur 15 ans (20 ans en rénovation globale)Service-Public.fr, page vérifiée le 1er septembre 2026
Offre « clés en main » de PACMensualité incluant PAC, pose, maintenance et électricitéMénages modestes chauffés au gaz ou au fioulPlan d'électrification, mesure 4, avril 2026

Le Coup de pouce Chauffage est la bonification CEE versée pour remplacer une chaudière fossile par une PAC, une chaudière biomasse ou un raccordement à un réseau de chaleur. Il est prolongé jusqu'au 31 décembre 2030 et son montant se calcule depuis octobre 2025 au cas par cas, selon la zone climatique, la surface chauffée, la performance de l'équipement et la catégorie de revenus. La prime se cumule avec MaPrimeRénov' dans la limite du coût des travaux ; nos règles de cumul MaPrimeRénov' et CEE pour une pompe à chaleur détaillent les plafonds.

L'éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro) finance le reste à charge sans intérêts. Pour une PAC posée seule, il relève du plafond de 15 000 € applicable à une action de travaux, remboursable sur 15 ans au maximum. Consultez notre fiche sur l'éco-PTZ pour financer le reste à charge d'une pompe à chaleur.

L'offre « clés en main » de pompes à chaleur est la mesure 4 du plan d'électrification d'avril 2026, qui fixe un objectif d'un million de PAC installées en 2030. Elle regroupe dans une mensualité la PAC, sa pose, sa maintenance et l'électricité. Selon les annonces de lancement d'octobre 2026, les premières offres sont ouvertes aux précommandes depuis le 1er octobre 2026 pour les propriétaires de maisons aux revenus très modestes et modestes. Notre page sur l'offre intégrée de pompe à chaleur suit ses conditions.

FAQ : fin du gaz de ville

Ma rue peut-elle être coupée du réseau de gaz dans les prochains mois ?

Aucune coupure de rue n'est programmée à ce jour. Les six métropoles engagées doivent signer leur feuille de route d'ici fin 2026, et La Clé Publique indiquait le 17 septembre 2026 qu'aucune branche lyonnaise n'était désignée. Le droit actuel interdit de déraccorder un abonné contre son gré, selon l'analyse du cabinet Seban Avocats. La CRE propose un cadre juridique pour les clients en bout d'antenne, qu'elle qualifie d'exploratoire. Une fermeture supposerait une loi nouvelle et une concertation préalable.

La fin du gaz de ville m'oblige-t-elle à changer de chaudière ?

Non. Le programme des 109 territoires d'électrification engage les collectivités, sans obligation pour les ménages. Selectra le confirme : « Aucun propriétaire ne sera contraint de changer sa chaudière parce que son intercommunalité a été retenue. » Votre chaudière gaz peut fonctionner tant qu'elle est entretenue chaque année et que votre rue reste desservie. L'enjeu est économique : le coût du réseau par client passerait de 533 € en 2025 à 1 052 € en 2050 dans le scénario de baisse rapide de la CRE.

Combien la part réseau de ma facture va-t-elle augmenter ?

Au 1er juillet 2026, le tarif d'acheminement de GRDF a progressé de 5,87 % en moyenne, soit environ +1,5 % sur la facture TTC des clients résidentiels selon la CRE. À plus long terme, la CRE projette une hausse du tarif moyen de distribution de 0,2 % à 3,5 % par an hors inflation jusqu'en 2050, selon la vitesse de baisse de la consommation. Les tarifs de réseau représentent aujourd'hui environ un tiers de la facture de gaz d'un ménage.

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle avec mes radiateurs actuels ?

Oui dans de nombreux cas, à condition que les radiateurs chauffent la maison avec une eau entre 35 et 45 °C, plage de fonctionnement idéale d'une PAC selon l'ADEME. L'agence précise que l'isolation n'est pas un prérequis au bon rendement d'une PAC air/eau si les radiateurs sont assez grands. Remplacer un ou plusieurs radiateurs dans certaines pièces suffit parfois, d'après la même étude d'octobre 2025. Une visite technique avec calcul des déperditions confirme la compatibilité avant tout devis.

Faut-il déposer mon dossier MaPrimeRénov' avant la fin de 2026 ?

Si vous êtes en catégorie très modeste, modeste ou intermédiaire et que votre projet est mûr, un dépôt avant le 31 décembre 2026 sécurise le barème 2026 : jusqu'à 5 000 € pour une PAC air/eau et 11 000 € pour une PAC géothermique. Le PLF 2027 prévoit de financer les PAC par les seuls CEE dès le 1er janvier 2027, d'après Batiactu du 5 octobre 2026. Les travaux doivent démarrer après l'accusé de réception du dossier.

Comment Vertena accompagne votre sortie du gaz

Vertena est un artisan RGE Qualibat qui pose lui-même les pompes à chaleur qu'il conseille, en activité depuis 2019 et présent dans 12 régions. Face à la fin du gaz de ville, notre rôle consiste à vous dire si votre maison est prête pour une PAC, à quel coût et avec quelles aides.

Visite technique et dimensionnement. Un technicien se déplace sous 7 jours, vérifie vos radiateurs, calcule les déperditions et prévoit le réglage de la loi d'eau. Le devis détaillé vous parvient sous 48 heures.

Pose par nos équipes. Nos équipes installent en 1 à 3 jours des PAC Daikin, Atlantic, Mitsubishi Electric, Viessmann ou Panasonic, sous label NF PAC et garantie décennale. En octobre 2026, Vertena comptait 218 pompes à chaleur posées sur le mois en cours et 47 chantiers ouverts par semaine.

Dossier d'aides. Nous constituons les dossiers MaPrimeRénov' et CEE avant le démarrage du chantier, avec rappel des conditions d'éligibilité propres à votre catégorie de revenus.

Pour savoir si votre chaudière gaz doit être remplacée maintenant ou dans quelques années, demandez une visite technique pompe à chaleur Vertena.

Conclusion

L'annonce du 11 septembre 2026 marque un changement de méthode : six métropoles planifient la fermeture de branches de leur réseau gazier, avec des feuilles de route attendues d'ici fin 2026 et un accompagnement de l'État jusqu'en 2030. Aucune rue n'est désignée, aucun particulier n'est obligé de remplacer sa chaudière, et le droit actuel protège chaque abonné raccordé. Le risque concret est financier : la CRE projette jusqu'à +3,5 % par an hors inflation sur le tarif de distribution si la consommation chute vite.

La fin du gaz de ville se prépare avant la panne : évaluez votre chaudière, vos radiateurs et votre catégorie de revenus, puis déposez un dossier d'aides en 2026 si votre projet est prêt, pour quitter le gaz de ville à votre rythme.

À lire également :

Sources :

Questions fréquentes
Ma rue peut-elle être coupée du réseau de gaz dans les prochains mois ?

Aucune coupure de rue n'est programmée à ce jour. Les six métropoles engagées doivent signer leur feuille de route d'ici fin 2026, et La Clé Publique indiquait le 17 septembre 2026 qu'aucune branche lyonnaise n'était désignée. Le droit actuel interdit de déraccorder un abonné contre son gré, selon l'analyse du cabinet Seban Avocats. La CRE propose un cadre juridique pour les clients en bout d'antenne, qu'elle qualifie d'exploratoire. Une fermeture supposerait une loi nouvelle et une concertation préalable.

La fin du gaz de ville m'oblige-t-elle à changer de chaudière ?

Non. Le programme des 109 territoires d'électrification engage les collectivités, sans obligation pour les ménages. Selectra le confirme : « Aucun propriétaire ne sera contraint de changer sa chaudière parce que son intercommunalité a été retenue. » Votre chaudière gaz peut fonctionner tant qu'elle est entretenue chaque année et que votre rue reste desservie. L'enjeu est économique : le coût du réseau par client passerait de 533 € en 2025 à 1 052 € en 2050 dans le scénario de baisse rapide de la CRE.

Combien la part réseau de ma facture va-t-elle augmenter ?

Au 1er juillet 2026, le tarif d'acheminement de GRDF a progressé de 5,87 % en moyenne, soit environ +1,5 % sur la facture TTC des clients résidentiels selon la CRE. À plus long terme, la CRE projette une hausse du tarif moyen de distribution de 0,2 % à 3,5 % par an hors inflation jusqu'en 2050, selon la vitesse de baisse de la consommation. Les tarifs de réseau représentent aujourd'hui environ un tiers de la facture de gaz d'un ménage.

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle avec mes radiateurs actuels ?

Oui dans de nombreux cas, à condition que les radiateurs chauffent la maison avec une eau entre 35 et 45 °C, plage de fonctionnement idéale d'une PAC selon l'ADEME. L'agence précise que l'isolation n'est pas un prérequis au bon rendement d'une PAC air/eau si les radiateurs sont assez grands. Remplacer un ou plusieurs radiateurs dans certaines pièces suffit parfois, d'après la même étude d'octobre 2025. Une visite technique avec calcul des déperditions confirme la compatibilité avant tout devis.

Faut-il déposer mon dossier MaPrimeRénov' avant la fin de 2026 ?

Si vous êtes en catégorie très modeste, modeste ou intermédiaire et que votre projet est mûr, un dépôt avant le 31 décembre 2026 sécurise le barème 2026 : jusqu'à 5 000 € pour une PAC air/eau et 11 000 € pour une PAC géothermique. Le PLF 2027 prévoit de financer les PAC par les seuls CEE dès le 1er janvier 2027, d'après Batiactu du 5 octobre 2026. Les travaux doivent démarrer après l'accusé de réception du dossier.

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